De Beni à Lubero, les structures de santé à bout de souffle
Dans plusieurs zones affectées par les violences armées au Nord-Kivu, la reprise progressive des activités ne rime pas forcément avec le retour à la normale dans le secteur de la santé. Entre manque de médicaments et incapacité des patients à payer les soins, les structures sanitaires peinent à survivre.
Bapere et Baswagha (Lubero) : des centres santé sans médicaments
Dans le secteur des Bapere et la chefferie des Baswagha, territoire de Lubero, une rupture de stock de médicaments est observée dans plusieurs structures sanitaires.
Selon la société civile locale et certains chefs de base, ces centres, autrefois fermés à cause des attaques des ADF, ont certes rouvert, mais sans moyens suffisants pour fonctionner correctement.
« Les structures qui avaient fermé ont commencé à rouvrir les portes, mais les médicaments manquent », alerte Kasagho Kanyamulamba Boniface, chef coutumier du groupement Bapakombe.
Malgré une accalmie sécuritaire attribuée aux opérations militaires, les populations restent exposées à un accès limité aux soins de santé.
Axe Mbau-Mantumbi et Sayo (Beni) : des malades incapables de payer les soins
À Sayo, un quartier de la ville de Beni, tout comme sur l'axe Mbau-Mantumbi dans le groupement Batangi-Mbau voire Baswagha-Madiwe, dans le secteur Beni-Mbau, la situation est différente mais tout aussi préoccupante.
Les différents centres de santé visités par le reporter de 7SUR7.CD, la semaine qui s'achève, font face à une forte insolvabilité des patients.
Selon Paluku Vutsapu, l'un des présidents du comité de santé dans la zone, de nombreux malades notamment des éléments de sécurité et des déplacés qui regagnent le milieu ne parviennent pas à régler leurs factures médicales.
Cette situation met en péril le fonctionnement même des structures, déjà fragilisées par les attaques passées.
Une double crise : accès et financement
Ces deux réalités illustrent une crise sanitaire à double dimension dans les zones post-conflit :
Manque de médicaments (Lubero/Bapere)
Manque de moyens financiers des patients et infrastructures déjà incendiées (Beni).
Dans les deux cas, les structures sanitaires fonctionnent au ralenti, voire au bord de la rupture.
Des appels pressants aux autorités
Les acteurs locaux, tant à Bapere et Baswagha à Lubero qu’à Beni, lancent un appel au gouvernement central :
Approvisionner en urgence les structures en médicaments;
Assurer la prise en charge ou le paiement des soins pour les militaires, aussi prendre en charge le personnel soignant; et renforcer le système de santé dans les zones affectées par les conflits.
Il convient de noter que plusieurs structures sanitaires ont été contraintes de fermer les portes dans le territoire de Beni et celui de Lubero à la suite des attaques répétitives menées par les rebelles ADF les 8 dernières années.
Bantou Kapanza Son, à Beni