Proposition de loi sur le référendum : Une structure de la société civile alerte sur les risques de tensions sociales

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Les Forces vives de la société civile de la République démocratique du Congo tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 1er mai 2026 et consulté par 7SUR7.CD, elles mettent en garde contre un risque accru de tensions sociales autour du projet de référendum.

En cause : la recevabilité, annoncée le jeudi 30 avril 2026 à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi fixant les modalités d’organisation du référendum. Portée par le député national Paul-Gaspard Ngondankoy, cette initiative relance un débat resté en veille pendant près d’un an sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution.

Le bureau de coordination nationale de la Société civile Forces vives de la RDC (SCFV-RDC) indique avoir accueilli cette évolution avec « émoi », appelant les Congolais à mesurer pleinement la portée d’un tel processus.

L’organisation rappelle que la Constitution de 2006 encadre strictement toute révision. Son article 218 en définit la procédure, tandis que les articles 219 et 220 en fixent les limites, notamment en interdisant toute modification de la forme républicaine de l’État, de la durée des mandats présidentiels ou encore de l’indépendance de la justice.

« Les discours de certains membres influents de l’Union sacrée laissent craindre une volonté de contourner ces verrous constitutionnels », avertit la SCFV-RDC, qui estime qu’« il serait irresponsable de rester spectateur face au risque d’effondrement de notre maison commune ».

Au-delà des considérations juridiques, la société civile insiste sur un contexte sécuritaire particulièrement fragile. Une partie du territoire national reste sous l’emprise de la rébellion AFC/M23 et d’autres groupes armés.

Dans ces conditions, prévient-elle, toute initiative visant à modifier la loi fondamentale pourrait aggraver les fractures internes et alimenter des dynamiques de division, voire de fragmentation du pays.

Les Forces vives appellent ainsi les membres de l’Union sacrée à privilégier des actions susceptibles de renforcer l’unité nationale, plutôt que des réformes jugées potentiellement déstabilisatrices.

Elles soulignent enfin que le recours au référendum, dans un climat aussi sensible, risque de polariser davantage l’opinion publique. D’où leur appel à la prudence adressé aux députés, afin de préserver les acquis démocratiques.

Christian Dimanyayi