Une réunion de concertation et d’alignement institutionnel pour l’opérationnalisation du programme régional « Réponses régionales aux déplacements liés aux catastrophes en Afrique subsaharienne (RE2CLID) » s’est tenue ce mardi 5 mai 2026 à Kinshasa. Elle a permis aux parties prenantes congolaises de définir une série d’orientations et de fixer des actions prioritaires en vue de la mise en œuvre du projet dans la partie congolaise du bassin.
Organisée dans le cadre de la phase de démarrage du programme par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et son partenaire, l’agence belge de coopération internationale (Enabel), cette rencontre a permis d’aboutir à une compréhension commune des objectifs, des composantes et des zones d’intervention du projet.
Celui-ci cible en priorité les zones riveraines du bassin du lac Tanganyika, particulièrement exposées aux aléas climatiques et aux déplacements de populations.
« Ce projet est un projet essentiel, qui cible le bassin du lac Tanganyika pour répondre aux besoins urgents liés au changement climatique et aux différents aléas naturels touchant les populations affectées par les déplacements dus aux glissements de terrain, aux inondations, aux pluies torrentielles et à la montée des eaux du lac Tanganyika. Il est essentiel d’adopter une approche multisectorielle.Ce que nous avons prévu dans ce projet est stratégique. Une approche régionale permettra notamment de mettre en place des mesures de prévention, à travers des mécanismes d’alerte précoce, de renforcer la gestion des ressources naturelles et de proposer des solutions durables aux communautés touchées par les déplacements », a déclaré Ure Afra Sophie, coordinatrice du programme au sein de l’OIM.
Elle a ajouté :
« Les acteurs impliqués dans ce projet comprennent notamment les personnels de la protection civile aux niveaux national, provincial et local dans les zones concernées, ainsi que les ministères impliqués dans cette approche multisectorielle, dont ceux du Plan, de l’Environnement et des Affaires étrangères. Il s’agit en effet d’un projet régional qui vise également à renforcer la coordination entre les trois pays concernés : le Burundi, la RDC et la Tanzanie. »
Les participants ont souligné la nécessité d’assurer un alignement technique du programme avec les priorités nationales, notamment en matière de développement, de réduction des risques de catastrophes, de changement climatique, de mobilité humaine et de planification territoriale. Des orientations ont été formulées afin de garantir la cohérence du projet avec les cadres stratégiques existants.
Sur le plan institutionnel, la réunion a permis d’examiner et de valider les principes du dispositif de gouvernance du programme. Les échanges ont abouti à des recommandations portant sur la clarification des rôles et des responsabilités entre le ministère de tutelle, les ministères sectoriels chefs de file et les institutions partenaires.
« Ce programme, financé par l’Union européenne, vise à apporter une réponse durable aux défis du développement. Enabel mettra à profit son savoir-faire et son expérience de longue date dans la région et en RDC, afin d’aller au-delà de l’humanitaire et de garantir la pérennité des solutions apportées à cette crise. L’objectif est surtout de renforcer la cohésion et la cohérence en lien avec les attentes des communautés locales. Enabel interviendra spécifiquement sur les objectifs du projet et mettra en place un mécanisme de coordination entre les différentes parties prenantes », a indiqué Cédric Ngandu, manager du programme Enabel à Kinshasa.
Les participants ont également insisté sur la mise en place de mécanismes de coordination efficaces, tant au niveau national que régional, afin d’assurer une articulation fluide entre les différentes parties prenantes.
Les modalités pratiques de coordination ont fait l’objet d’un consensus, notamment à travers la désignation et l’implication active de points focaux institutionnels. Ces derniers devront assurer le relais opérationnel entre les structures concernées et faciliter la mise en œuvre des activités du projet.
Parmi les principales décisions issues de l’atelier figure l’organisation prochaine de consultations avec les autorités provinciales et territoriales des zones ciblées, afin d’intégrer les réalités locales dans la planification des interventions.
Les participants ont également acté la tenue du premier comité national de pilotage, qui encadrera le déploiement du programme, ainsi que l’organisation d’un atelier régional de validation réunissant les pays membres du cluster du bassin du lac Tanganyika.
La rencontre a par ailleurs permis de recueillir des contributions visant à renforcer la coordination interinstitutionnelle et à optimiser la mise en œuvre du projet, dont le caractère multisectoriel implique plusieurs secteurs, notamment l’environnement, l’aménagement du territoire, l’action humanitaire et la gestion des catastrophes.
« Le changement climatique engendre des problèmes multiples sur les plans économique, social et environnemental. Il est également source de conflits de diverses natures.Aujourd’hui, notre pays est confronté au phénomène Mbororo et à celui des déplacés, directement liés à ces impacts. L’appui de l’Union européenne, de l’OIM et d’Enabel pour la prise en charge des populations affectées est une excellente initiative. Ce projet apportera des bénéfices concrets et contribuera à soulager les populations », a indiqué Jean Dieumerci Mukanya, représentant du ministère des Affaires étrangères.
Financé par l’Union européenne, le programme RE2CLID s’inscrit dans une réponse régionale aux déplacements liés aux catastrophes dans le bassin du lac Tanganyika, partagé entre le Burundi, la RDC et la Tanzanie. Sa mise en œuvre, prévue pour la période 2025-2029, vise à réduire les pertes et dommages, prévenir et gérer les déplacements de populations, tout en contribuant à la stabilité et au développement durable dans cette zone.
À travers cette réunion, les bases opérationnelles du programme en RDC ont été posées, avec des orientations stratégiques et des étapes concrètes définies pour assurer son déploiement effectif dans les mois à venir.
Raphaël Kwazi