Une réunion multisectorielle consacrée au renforcement des droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR) en République démocratique du Congo s’est tenue le vendredi 15 mai 2026 à Kinshasa. Organisée avec l’appui de l’organisation IPAS, cette rencontre visait à élaborer un outil harmonisé de suivi des activités prévues dans la feuille de route nationale de l’écosystème des DSSR, déjà validée par les différentes parties prenantes lors du deuxième dialogue tenu en octobre 2025.
Les échanges ont porté sur la mise en place d’un cadre opérationnel de suivi des indicateurs, afin d’améliorer la coordination, la redevabilité et l’efficacité des interventions menées par les partenaires techniques, les organisations de la société civile et les institutions publiques.
Selon Anne-Marie Ntumba, directrice du Programme national de santé de la reproduction (PNSR), cet outil doit permettre de mesurer les progrès réalisés, d’identifier les insuffisances et d’orienter les décisions stratégiques dans la mise en œuvre des politiques liées à la santé sexuelle et reproductive, notamment en matière d’avortement sécurisé.

« Grâce au Protocole de Maputo, nous avons élaboré des documents et des politiques pour faire avancer les droits à la santé sexuelle et reproductive ainsi que le droit à l’avortement sécurisé, parce qu’on s’est rendu compte que parmi les décès maternels, 30 % sont dus aux avortements non sécurisés », a-t-elle déclaré.
Elle a également précisé que cette rencontre technique devait aboutir à la conception d’un tableau de bord de suivi des recommandations issues du deuxième dialogue multisectoriel.
« Nous sommes là avec les experts multisectoriels pour réfléchir à la manière dont chaque acteur, devant ses responsabilités, peut accompagner la mise en œuvre de nos politiques afin de réduire le taux de mortalité maternelle dû aux avortements non sécurisés et améliorer les services de santé sexuelle et reproductive », a-t-elle ajouté.
Anne-Marie Ntumba a également insisté sur la nécessité d’étendre les interventions à l’ensemble du territoire national. Actuellement, les programmes sont opérationnels dans 11 des 26 provinces du pays. Elle souhaite accroître l’accès aux soins et réduire les inégalités dans l’offre des services de santé sexuelle et reproductive à travers la RDC.
Bob Bondo