La Coalition Article 64 (C64) a publié ce 19 juin un rapport détaillant de la répression du sit-in organisé le 12 juin 2026, à Kinshasa, pour dénoncer la proposition de loi sur le référendum, jugée comme « une manœuvre visant à modifier les dispositions verrouillées de la constitution ».
Selon le document, cette plateforme de l’opposition avait notifié les autorités urbaines le 9 juin, conformément à l’article 26 de la constitution.
La C64 accuse par ailleurs le régime du président Félix Tshisekedi d’avoir orchestré une opération de répression « sanglante », avec la complicité de la Police nationale congolaise (PNC) et d’une milice dénommée « Force du Progrès ».
Les manifestants, dont des députés nationaux et provinciaux, auraient été pris pour cibles par «des engins à fragmentation, armes à feu, machettes et matraques», indique ce rapport.
Le rapport fait aussi état des cas d’agressions et viols, ainsi que des blessés graves causés par des éclats prohibés par le droit international.
La Coalition affirme que les forces de police et la « milice» du parti au pouvoir, l’UDPS, ont procédé à la disparition de corps des victimes et à la dissimulation des preuves. Le bilan provisoire, selon l'opposition, fait état de 2 morts, 27 disparus et plus de 500 blessés.
La C64 dénonce une « dérive criminelle » visant à museler l’opposition et à violer les libertés fondamentales garanties par la constitution.
Le rapport recense :
• Blessés graves : 338 cas
• Blessés légers : 219 cas
• Disparus : 27 cas
• Arrestations arbitraires : 36 cas
• Décès : 2 cas
• Agressions sexuelles : 22 cas
Les dégâts matériels constatés dans plusieurs partis et organisations:
• ECIDé : siège vandalisé et 8 véhicules incendiés ;
• A. Ch : 2 sièges pillés, matériel informatique et fonds dérobés ;
• LGD : véhicules et motos incendiés, vols d’argent et d’équipements ;
• FONUS : pillage du siège, destruction du matériel et des mobiliers ;
• GCAC : véhicules endommagés par des jets de pierres.
Cas des leaders blessés
• Delly Sesanga : « grièvement blessé par un engin explosif et une balle à la cuisse, nécessitant une prise en charge médicale urgente».
• Ados Ndombasi : « fractures et brûlures au pied droit, immobilisation prolongée ».
• Martin Fayulu : « blessé au bras et à l’abdomen, victime d’un passage à tabac ».
• Jean‑Marc Kabund : « blessé à la tête, molesté par des policiers».
• Franklin Tshamala : « atteint à la main et aux hanches par des projectiles ».
La Coalition C64 demande l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente par les instances internationales pour établir les responsabilités et sanctionner les auteurs de violations. Elle appelle la population à maintenir la mobilisation en vue de la « grande » marche nationale du 8 juillet prochain.
Le rapport porte les signatures de Martin Fayulu, Jean‑Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata, Delly Sesanga, Ados Ndombasi, Bénie Bilenge, Jean‑Jacques Issongo et Dahlia Tshilanda.
Raphaël Kwazi