Appel de l’opposition à la démission de Félix Tshisekedi : Me Séraphin Umba parle d’« insurrection »

Image
Image

Me Séraphin Umba, haut cadre de l'UDPS/Kibassa a qualifié d’« insurrection » l’appel à la marche de l’opposition prévue le 8 juillet prochain, estimant que certaines déclarations visant à « chasser le chef de l’État » ne relèvent plus du débat démocratique mais, plutôt de la commission des infractions du droit commun.

Lors d’un point de presse tenu lundi 29 juin 2026 à Kinshasa, ce membre de l'Union sacrée a dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de provocation politique de la part de l’opposition, qu’il accuse de s’éloigner du cadre constitutionnel.

« C’est en contradiction. C’est dangereux. Je crois comprendre aujourd’hui que les amis de l’opposition, à défaut de popularité, se jettent dans le jeu de la provocation contre le régime. Les menaces du 3 juin étaient déjà une provocation », a-t-il déclaré.

Selon lui, les appels à une mobilisation visant à renverser les institutions constituent une violation de l’ordre légal.

« Parler d’aller jusqu’au Palais de la Nation pour renverser le chef de l’État, c’est une insurrection. La Constitution qu’on veut protéger interdit cela », a-t-il insisté.

Il estime par ailleurs qu’il existe une incohérence dans l’attitude de certains acteurs politiques, qui dénoncent des violations de la Constitution tout en appelant eux-mêmes à des actions qu’il juge contraires à celle-ci.

« On ne peut pas faire quelque chose et son contraire. Un homme d’État regarde les lois et les textes parce que l’intérêt est de protéger la communauté », a-t-il ajouté.

Il a également rappelé un précédent historique sous le régime de Mobutu Sese Seko, évoquant le cas de 13 parlementaires arrêtés à l’époque pour avoir revendiqué la création d’un autre parti politique, alors que le système du parti unique en vigueur ne le permettait pas. Selon lui, cet épisode illustre, à ses yeux, les limites des initiatives politiques qui s’écartent du cadre constitutionnel en vigueur.

Dans le même contexte, l’opposition a maintenu son appel à une marche prévue le 8 juillet sur l’ensemble du territoire national.

En réaction, le gouvernement, par la voix du ministre des Droits humains Samuel Mbemba, a affirmé détenir des informations faisant état d’un projet visant à provoquer des pertes en vies humaines lors de cette manifestation, afin d’en attribuer la responsabilité aux agents de l’État.

Cette déclaration a été faite le 24 juin 2026 à l’issue d’une réunion ayant réuni des représentants de la majorité et de l’opposition, des organisations de défense des droits humains notamment l’ACAJ, l’ASADHO, la Nouvelle Société civile congolaise ainsi que des confessions religieuses.

Merveil Molo