La Nouvelle société civile congolaise (NSCC), par la voix de son coordonnateur Jonas Tshiombela, accueille avec prudence l’annonce de la tenue d’un dialogue national en République démocratique du Congo.
Dans une interview accordée ce lundi 20 juillet 2026 à 7SUR7.CD, il a, tout en saluant cette initiative, prévenu que ce processus ne devra pas constituer un cadre d’intégration des acteurs ayant pris les armes ni une voie vers l’impunité.
« Il ne devra pas être question d’un dialogue d’intégration, de mixage ou d’impunité », a-t-il déclaré.
Pour Jonas Tshiombela, les personnes impliquées dans des violences armées, celles poursuivies par la justice ou encore celles accusées d’avoir trahi le pays doivent d’abord répondre de leurs actes devant les instances compétentes.
« Il y a des personnes qui ont pris les armes, d’autres qui sont poursuivies par la justice, et d’autres encore qui ont trahi le pays. Nous pensons que celles-ci doivent d’abord répondre de leurs actes devant la justice, ou, à défaut, dans le cadre d’une justice transitionnelle. Nous avons besoin de vérité, de justice, de réparation et de l’engagement de chacun à ne plus reprendre les armes », a-t-il soutenu.
Abordant la question de l’inclusivité évoquée par le porte-parole du gouvernement, le coordonnateur de la NSCC estime que la qualité des participants ainsi que les critères de leur sélection doivent primer.
« Jusqu’ici, rien n’est encore connu. Ni le contenu du consensus, ni l’agenda du dialogue ne sont connus. On ignore également de quelles composantes viendront les participants. Il est donc difficile de parler aujourd’hui de consensus, puisqu’il n’y a encore rien sur la table qui puisse nous permettre de le dégager », a-t-il fait remarquer.
Selon lui, certaines situations exceptionnelles pourraient être prises en compte et traitées à travers des mécanismes spécifiques, différents de ceux qui concerneraient les acteurs n’ayant pas pris les armes.
Par ailleurs, Jonas Tshiombela estime que la priorité de ce dialogue doit rester la sécurité des Congolais et la récupération des territoires sous occupation de l’AFC/M23 et des forces rwandaises. Pour lui, la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC doit demeurer l’objectif principal.
« C’est là où se justifie notre prudence. Mais nous accueillons cette fois-ci le dialogue, et les Congolais vont se parler. Est-ce que, par ce dialogue, le Rwanda quittera le sol congolais ? Est-ce que, grâce à ce dialogue, les minerais et les richesses du Congo pillés par le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya seront enfin restitués ? Ou s’agit-il d’une diversion pour faire avancer une autre cause inavouée ? Nous restons très vigilants », a-t-il déclaré.
La deuxième priorité évoquée par le coordonnateur de la NSCC concerne la réforme constitutionnelle. Il estime que la décision finale sur cette question devra revenir au peuple congolais, appelé à se prononcer si un débat est engagé.
Enfin, Jonas Tshiombela insiste sur le fait que ce processus ne doit pas être centré sur le partage du pouvoir ou le repositionnement politique des différents acteurs, mais plutôt sur les préoccupations essentielles de la population congolaise et l’intérêt supérieur du pays.
Pour rappel, le président Félix Tshisekedi a levé l'option, vendredi 17 juillet dernier, de l'organisation d'un dialogue national à l’issue d’une réunion avec les chefs religieux à Kinshasa.
Linda Lusonso