La République démocratique du Congo a officiellement lancé, le mardi 21 juillet 2026 à La Haye (Pays-Bas), la procédure devant la Cour internationale de Justice (CIJ) dans l'affaire qui l'oppose au Rwanda. La délégation congolaise, conduite par le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a pris part à la première réunion procédurale consacrée à l'examen de la requête introduite par Kinshasa contre Kigali.
En saisissant la plus haute juridiction des Nations unies à la fin du mois de juin, le gouvernement congolais entend faire reconnaître la responsabilité internationale du Rwanda pour de présumées violations de plusieurs conventions internationales, notamment celles relatives à la prévention du génocide, à l'élimination de la discrimination raciale, à l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes ainsi qu'à la lutte contre la torture.
Le gouvernement congolais soutient que les conflits armés qui déstabilisent l'Est du pays depuis plus de trois décennies ont entraîné de graves violations des droits humains, notamment des massacres de civils, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des violences sexuelles et des déplacements forcés de populations. À travers cette procédure, Kinshasa sollicite de la CIJ qu'elle établisse les responsabilités et ordonne des réparations en faveur des victimes.
L'initiative a été favorablement accueillie par plusieurs observateurs. Des spécialistes du droit international estiment que le recours à la CIJ constitue un moyen légal de faire valoir les droits de la RDC sur la scène internationale, tandis que des organisations de la société civile y voient une démarche en faveur de la justice pour les victimes des conflits armés dans l'Est du pays.
Selon les autorités congolaises, la requête vise également les actes qui auraient été commis par des groupes armés que Kinshasa accuse d'être soutenus par le Rwanda, notamment le M23 depuis 2021. Le gouvernement espère que la procédure permettra d'établir les faits et d'engager la responsabilité de Kigali.
Cette première réunion procédurale ouvre une nouvelle phase du contentieux devant la CIJ. À ce stade, la Cour n'a pas encore fixé le calendrier des audiences sur le fond de l'affaire, tandis que le Rwanda ne s'est pas encore prononcé publiquement sur la requête introduite par la République démocratique du Congo.
Chançard Sindani