Médecins Sans Frontières (MSF), dans un communiqué de presse publié ce mercredi 5 août 2026, a alerté sur la propagation « inquiétante » de l'épidémie d'Ebola qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo. Deux mois après sa déclaration, l'organisation affirme que la maladie continue de se propager à un rythme alarmant et sans précédent, malgré les efforts inlassables des équipes médicales mobilisées en première ligne pour tenter d'endiguer la flambée.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 3 605 cas confirmés avaient été enregistrés au 1er août, faisant de cette flambée la plus importante épidémie d'Ebola jamais recensée en RDC, devant celle de 2018. Seulement onze semaines après sa déclaration, près de 1 500 personnes étaient déjà décédées.
Médecins Sans Frontières souligne que ce bilan est nettement plus élevé que lors des précédentes épidémies sur une période comparable. À titre de comparaison, l'épidémie dévastatrice d'Ebola de 2014 en Afrique de l'Ouest avait causé 279 décès au cours du même laps de temps.
L'épidémie ne montre aucun signe de ralentissement. De nouveaux cas suspects sont signalés presque quotidiennement dans de nouvelles localités, en dehors des chaînes de transmission déjà identifiées.
Le communiqué explique que, pour éviter de nouvelles pertes humaines, la riposte doit s'accélérer afin de dépasser le rythme actuel de transmission. La réponse médicale internationale doit être renforcée sans délai, car de nombreuses lacunes critiques subsistent. Des progrès ont certes été réalisés dans le dépistage et le suivi des contacts, mais ces efforts restent insuffisants pour contenir l'épidémie.
Selon MSF, 90 % des patients admis dans les Centres de traitement Ebola (CTE) n'étaient pas des contacts déjà suivis. Par ailleurs, dans l'ensemble de la province de l'Ituri, seuls 59 % des contacts ont été retracés. Il est donc urgent de renforcer la collaboration avec les communautés. Une riposte efficace ne peut être obtenue que si elle est construite avec les acteurs locaux et menée par eux.
Sans les communautés au cœur de la riposte, la surveillance et le suivi des contacts continueront de laisser échapper certains cas. Une meilleure implication des membres des communautés est donc indispensable pour garantir une détection précoce des cas et un suivi rigoureux.
Le communiqué précise également que cette épidémie aggrave une crise humanitaire déjà existante. Le paludisme, la rougeole, le choléra, la malnutrition et d'autres maladies évitables, mais traitables, continuent de provoquer des formes graves et des décès. Il est donc tout aussi crucial de soutenir les établissements de santé afin qu'ils puissent maintenir la fourniture des services médicaux essentiels tout au long de la riposte contre Ebola et contribuer ainsi à protéger les soignants.
Enfin, MSF souligne que le renforcement de la surveillance épidémiologique, l'amélioration de l'engagement communautaire et la garantie d'un accès sécurisé pour le personnel humanitaire constituent des priorités absolues.
Si la réponse s'intensifie progressivement, elle n'atteint toujours pas les communautés assez rapidement pour briser les chaînes de transmission.
Linda Lusonso