La situation humanitaire demeure préoccupante en Ituri, où environ 1,7 million de personnes sont actuellement en situation de déplacement ou de retournées. Ces chiffres ont été communiqués mercredi 19 août par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA), lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Selon le chef du bureau de OCHA en Ituri, Frank Lasmani, cette situation représente près d’une personne sur cinq (5) dans la province. Une grande partie des personnes déplacées ne vit toutefois pas dans des sites dédiés, mais au sein des communautés et auprès de familles d’accueil.
« Ça fait 1.700.000 personnes qui sont soient retournées ou déplacées, ce qui fait pratiquement une personne sur 5 en Ituri qui est en situation de déplacement ou de retournée. Quand on vient au niveau de sites des déplacés, au moins 290.000 personnes sont dans les 67 sites et les sites spontanés à travers l’Ituri, ce qui fait moins de 20% de la population déplacée, c'est-à-dire que 80% de déplacés en Ituri sont dans des familles d'accueil, dans les communautés », a déclaré le chef de bureau de OCHA en Ituri.
Cette forte présence de personnes déplacées au sein des communautés d’accueil exerce également une pression supplémentaire sur des populations locales déjà confrontées à des conditions de vie difficiles. L’afflux de personnes vulnérables peut notamment accentuer les besoins en matière de logement, d’alimentation, de santé et d’accès aux services de base.
Le responsable de OCHA en Ituri a ainsi alerté sur l’impact de la crise sur les familles qui accueillent les déplacés et les retournés.
« Ces personnes qui sont dépourvues de biens, leur vulnérabilité impacte aussi sur les familles d'accueil, donc, finalement, au-delà des déplacés, la vulnérabilité de la population locale aussi s'accroît à cause de ces personnes déplacées ou retournées », a-t-il déploré.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, en Ituri, une journée porte ouverte a été organisée à Bunia, chef-lieu de province, où les humanitaires ont parlé de leurs interventions.
Une journée marquée par la présence du gouverneur militaire, le général-major Kasongo Mulumba Gabi.
Séraphin Banangana depuis Bunia