Le commissaire supérieur Israël Nsanga Wa Nsanga a introduit une demande de mise en liberté provisoire devant la Cour militaire. La requête a été examinée ce jeudi 27 août 2026, lors de l’audience tenue à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa.
La demande a été lue à l’audience avant que la parole ne soit accordée à son avocat, Me Libickson Michel Mwanza, pour la soutenir oralement.
Dans sa plaidoirie, le conseil a principalement insisté sur l’état de santé de son client. Selon lui, le colonel Israël Nsanga Wa Nsanga serait actuellement très affaibli et nécessiterait une prise en charge médicale appropriée.
L’avocat a également rejeté le risque de fuite avancé pour justifier le maintien de son client en détention. Il a notamment souligné que sa résidence et son identité sont parfaitement connues et qu’il continue, malgré les poursuites, d’exercer des responsabilités au sein de la Police nationale congolaise.
« Mon client a été arrêté le 2 janvier à minuit, irrégulièrement, par des hommes lourdement armés. Il va se retrouver pendant six mois au cachot du CNC. Après six mois, le CNC constate qu’il n’y a rien dans le dossier et remet mon client entre les mains du ministère public », a soutenu Me Libickson Michel Mwanza.
Poursuivant sa plaidoirie, l’avocat a estimé que la personnalité de son client et ses responsabilités professionnelles constituent autant d’éléments permettant d’écarter le risque de fuite.
« Personne n’ignore sa bravoure. Sa résidence est très bien connue, son identité n’est pas douteuse et sa fuite n’est pas à craindre », a-t-il déclaré.
Me Mwanza a, par ailleurs, insisté sur les conséquences de la détention prolongée sur la santé de son client, affirmant notamment que ses problèmes aux yeux seraient liés aux conditions de détention au cachot du CNC.
Il a ainsi demandé à la Cour de faire droit à la requête et d’accorder au colonel Israël Nsanga Wa Nsanga la liberté provisoire, avec l’engagement de celui-ci de se présenter aux audiences pour assurer sa défense.
Le ministère public s’oppose à la liberté provisoire
Dans sa réplique, le ministère public, représenté par le colonel Full Alpha Limbaya, s’est opposé à la demande de mise en liberté provisoire. Le magistrat du parquet militaire a estimé que les faits reprochés au prévenu sont d’une particulière gravité et que sa remise en liberté pourrait favoriser sa fuite.
Il a également relevé qu’aucune pièce médicale versée au dossier ne permet, à ce stade, d’établir que le colonel Israël Nsanga Wa Nsanga souffre effectivement d’un problème de santé justifiant sa mise en liberté.
Pour le ministère public, même si l’état de santé du prévenu nécessitait des soins, il appartient à l’administration pénitentiaire de prendre les dispositions nécessaires pour assurer sa prise en charge médicale.
Le ministère public a, en conséquence, demandé à la Cour de déclarer la requête recevable, mais non fondée, et de la rejeter.
Après avoir entendu les arguments de la défense et du ministère public, le président de la composition a pris la cause en délibéré. La Cour militaire devrait rendre son arrêt avant dire droit sur cette demande lors de son audience du jeudi prochain.
Israël Nsanga poursuivi pour violation de consigne et dissipation de munitions
Le commissaire supérieur Israël Nsanga Wa Nsanga est notamment poursuivi pour violation de consigne et dissipation de munitions de guerre.
Il est également poursuivi en participation criminelle avec les nommés Kabeya Kibambi Freddy, Fazila Muhindo Gergs et Ekutshu Bokokanya, eux-mêmes poursuivis pour incitation des militaires et apologie du terrorisme.
ODN