La reprise des activités académiques et para-académiques dans les onze établissements publics de Goma et de Bukavu, suspendues pour l’année académique 2026-2027, dépendra d’un retour à la normalisation de la situation.
C’est ce qu’a indiqué le secrétaire général à l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Pacifique Ilosyo Imonano, à 7SUR7.CD, ce vendredi 28 août 2026, lors d’une mise au point consacrée à l’application de l’arrêté ministériel portant suspension des activités dans ces institutions.
Selon le secrétaire général, les mesures en vigueur ne sont pas définitives et pourront être réévaluées lorsque les conditions permettront un fonctionnement normal des établissements concernés.
« Seule une évolution vers la normalisation permettra d’évaluer l’opportunité d’une levée de ces mesures et d’envisager la reprise des activités académiques et para-académiques », a-t-il déclaré.
L’administration de l’ESU insiste sur le fait que l’arrêté ministériel ne porte pas sur la fermeture des établissements, mais sur la suspension temporaire des activités académiques.
« Il s’agit d’une suspension des activités d’inscription, de réinscription, d’enseignement, d’évaluation et de délibération, et non d’une fermeture des établissements concernés », a précisé Pacifique Ilosyo Imonano.
Le secrétaire général à l’Enseignement supérieur et universitaire justifie également cette décision par la nécessité de garantir la régularité des parcours académiques et la reconnaissance des diplômes délivrés en République démocratique du Congo.
Selon lui, le non-respect des normes légales encadrant la délivrance des titres académiques pourrait affecter leur reconnaissance ainsi que les perspectives de mobilité académique et professionnelle des étudiants.
« Tout écart par rapport aux exigences légales en matière de délivrance des diplômes risque de compromettre la mobilité académique et l’employabilité des étudiants », a-t-il averti.
Face aux critiques et aux interprétations politiques de l’arrêté, le secrétariat général affirme que la décision répond à des considérations administratives et sécuritaires.
L’objectif, selon l’ESU, est de prévenir les risques susceptibles d’affecter les étudiants, le personnel et le fonctionnement régulier des institutions universitaires concernées.
Le secrétaire général a également évoqué la situation administrative des établissements visés, estimant que leur gestion doit rester conforme aux textes en vigueur afin de préserver les droits du personnel.
« Il n’est pas acceptable que des établissements soient pilotés par des responsables dont la qualité n’est pas reconnue, au détriment de la carrière et des droits du personnel », a-t-il déclaré.
Cette clarification intervient après la publication de l’arrêté ministériel suspendant les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu, deux villes actuellement sous contrôle de l’AFC-M23.
À Goma, cinq établissements sont concernés, tandis que six autres le sont à Bukavu. L’arrêté suspend notamment les inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations et délibérations pour l’année académique 2026-2027. Une dérogation est toutefois prévue pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont le cursus n’a pas pu être achevé.
Bob Bondo