La première édition du Programme national de bourses de troisième cycle a officiellement franchi une nouvelle étape ce jeudi 3 septembre 2026, avec la remise des certificats aux bénéficiaires, lors d’une cérémonie organisée à Kinshasa.
Représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, Prof. Dr Sombo Ayane Safi Mukuna Marie-Thérèse, a insisté sur la nécessité de faire de ce programme un mécanisme durable, fondé sur le mérite, la transparence et l’intégrité.
Dans son allocution, la ministre a notamment révélé que 60 candidatures avaient été initialement retenues, mais que la vérification approfondie des dossiers avait conduit à l’exclusion de 19 candidats qui ne remplissaient finalement pas les critères établis. Au total, 41 bénéficiaires ont ainsi été définitivement validés.
« Cette mesure n’est dirigée contre personne. Elle protège l’égalité entre les candidats, la crédibilité du Programme et la bonne utilisation des ressources publiques », a expliqué la ministre.
Pour le Gouvernement, cette procédure de vérification constitue également un signal en faveur d’une gestion rigoureuse des ressources publiques. La ministre a rappelé qu’une bourse financée par l’État doit être attribuée sur la base de critères « objectifs, vérifiables et identiques pour tous ».
S’adressant directement aux lauréats, la ministre a souligné que l’obtention d’une bourse publique ne constitue pas seulement un avantage, mais implique également une responsabilité envers le pays.
« La bourse publique n’est ni une récompense définitive ni un avantage sans contrepartie. Elle constitue un contrat de confiance entre vous et la République », a-t-elle déclaré.
Elle a également appelé les bénéficiaires à observer une conduite irréprochable dans leurs travaux scientifiques, mettant particulièrement en garde contre le plagiat, la falsification des données, les publications prédatrices et l’usage non déclaré des outils numériques ou de l’intelligence artificielle.
« La science ne peut servir la Nation que si elle repose sur la vérité, la rigueur et la responsabilité », a martelé la ministre.
Selon elle, les recherches soutenues par ce programme devront surtout répondre aux besoins concrets de la RDC, notamment dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’environnement, de l’industrie, de l’éducation, de la gouvernance et des technologies.
Cette première édition ne devrait pas rester une opération ponctuelle. La ministre a indiqué que le Gouvernement entend tirer les enseignements de cette expérience afin d’améliorer les prochaines éditions.
« Le Programme n’a donc pas vocation à s’arrêter avec la remise des certificats de ce jour», a-t-elle affirmé, précisant que d’autres éditions pourront être organisées en fonction des résultats obtenus et des ressources mobilisées.
Le Gouvernement entend notamment améliorer les critères de sélection, la transparence du processus, la répartition des domaines prioritaires, l’équité territoriale, la participation des femmes ainsi que les mécanismes de suivi.
La ministre a par ailleurs annoncé un suivi académique, scientifique, administratif et financier des bénéficiaires. Les inscriptions, travaux, publications, rapports, soutenances et résultats de recherche devront être documentés dans un dossier individuel.
« Le véritable succès du Programme ne se mesurera pas uniquement au nombre de titres obtenus », a-t-elle souligné. Il devra également se traduire par des chercheurs formés, des publications crédibles, des innovations, des laboratoires renforcés, des filières consolidées et des solutions concrètes aux problèmes de la société.
Pour cette première cohorte de 41 bénéficiaires, le défi est désormais de transformer l’appui public reçu en résultats scientifiques capables de contribuer au développement de la République démocratique du Congo.
Roberto Tshahe Da Cruz