La 4e édition de la Journée internationale de la coopération policière a été célébrée à Kinshasa, le lundi 7 septembre, autour du thème national « Le numérique au cœur de la coopération policière ». La cérémonie s’est tenue à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), en présence de plusieurs acteurs du secteur de la sécurité et des partenaires de la Police nationale congolaise (PNC).
Le thème international retenu pour cette édition était « Protéger contre la vulnérabilité – Construire la confiance et la légitimité dans la police ». Une orientation qui met l’accent sur la nécessité de rapprocher davantage les services de sécurité des populations.
Pour le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, la sécurité ne peut pas reposer uniquement sur les moyens opérationnels. « Elle se construit aussi par la confiance, l’écoute, la prévention et la collaboration permanente entre la police et les citoyens », a-t-il déclaré.
Face à l’évolution de la criminalité, le ministre de l’Intérieur estime que les services de police doivent également adapter leurs méthodes. « À mesure que la criminalité se digitalise, que la cybercriminalité se développe et que les réseaux criminels utilisent des technologies de plus en plus sophistiquées, nos services de police doivent, eux aussi, accroître leurs capacités technologiques », a-t-il souligné.
Le commissaire général de la PNC, Benjamin Alongaboni, a, pour sa part, relevé que la criminalité contemporaine « change de visage », avec notamment la progression de la cybercriminalité, la complexification des trafics transnationaux et la transformation de la criminalité financière.
Le monde scientifique mis à contribution
Dans cette perspective, la PNC entend renforcer sa collaboration avec le monde scientifique, particulièrement avec l’École de criminologie de l’Université de Kinshasa, afin de réfléchir à certaines problématiques sécuritaires et de développer des solutions adaptées aux réalités du pays, notamment dans le domaine numérique et la gestion des embouteillages.
« C’est dans cette perspective que nous avons associé l’Université de Kinshasa à notre démarche à travers le concours “Mayele 2026 Police Innovation Challenge” », a expliqué Benjamin Alongaboni.
Les gagnants de ce concours, consacré aux solutions numériques innovantes destinées à renforcer la collaboration entre la population et la police, ont été primés au cours de cette activité.
La cheffe de la composante Police de la Monusco, Mamouna Ouedraogo, a insisté sur l’importance de mettre le numérique au service du citoyen. Selon elle, cette technologie doit notamment permettre d’améliorer le partage d’informations, les capacités d’analyse et la coordination entre les services de sécurité.
« Si le numérique est un levier de modernisation puissant, sa finalité ultime doit être de renforcer la confiance et de protéger les plus vulnérables », a-t-elle soutenu.
Présente aux côtés de la PNC, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a réaffirmé son engagement dans la réforme de la police. Selon Wilfried Tohounde, chef de projet de l’OIM basé à Bunia, l’organisation accompagne la PNC depuis 2015 dans la formation, le renforcement des capacités, les équipements et la gouvernance sécuritaire. Environ 2 000 policiers ont déjà bénéficié de cet appui, a-t-il indiqué.
Alphonse Muderwa