La Commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo (CNDH-RDC) appelle à la responsabilité des organisateurs de la marche prévue le 15 septembre 2026, ainsi qu’à celle des autorités concernées, pour la tenue de ce sit-in prévu dans la capitale congolaise afin de s’opposer à tout changement ou toute révision de la Constitution.
Dans un communiqué rendu public et consulté par 7SUR7.CD ce samedi 12 septembre, cette institution d’appui à la démocratie met en garde les organisateurs contre toute instrumentalisation de la violence.
« La CNDH a été alertée par diverses informations faisant état, notamment sur les réseaux sociaux, d’appels ou d’incitations à participer à la manifestation avec des armes blanches, notamment des machettes et autres. Sans préjuger de l’authenticité ou de l’origine de chacune de ces informations, la CNDH considère que de tels appels, s’ils étaient avérés, seraient incompatibles avec le caractère pacifique de la manifestation et constitueraient une source particulièrement grave de risques pour la sécurité des manifestants eux-mêmes, des forces de sécurité, des passants et des biens publics et privés », indique le communiqué signé par le président de la CNDH-RDC, Paul Nsapu Mukulu.
Ce dernier exhorte également les organisateurs à s’abstenir de tout appel à la violence, à la haine et à l’affrontement, ainsi qu’à respecter l’horaire, les itinéraires et les autres modalités convenus avec les autorités.
La CNDH appelle également les autorités à garantir la sécurité des manifestants.
« La CNDH insiste sur la nécessité d’une approche préventive et proportionnée du maintien de l’ordre. La sécurisation d’une manifestation ne devrait pas être envisagée uniquement sous l’angle de sa dispersion éventuelle, mais d’abord comme une opération visant à permettre l’exercice effectif et pacifique d’un droit constitutionnel, tout en prévenant les atteintes aux personnes et aux biens. La CNDH demande aux autorités compétentes de demeurer particulièrement vigilantes pendant et après la manifestation afin d’éviter que des incidents isolés ne donnent lieu à des violences généralisées, à des actes de vengeance, à des arrestations arbitraires ou à des atteintes disproportionnées aux droits fondamentaux », lit-on dans ce document.
Toutes les parties prenantes sont, par ailleurs, invitées à faire preuve de retenue, de responsabilité et de patriotisme.
« La CNDH demeure convaincue que la démocratie congolaise doit pouvoir accueillir la contestation dans la violence et garantir la sécurité sans sacrifier les libertés publiques. Elle invite, à cet effet, toutes les parties prenantes à faire du 15 septembre 2026 une journée d’expression démocratique, pacifique et responsable, plutôt qu’une journée d’affrontement », poursuit le communiqué.
La coalition C64, constituée de partis politiques de l’opposition, dont l’ECiDé, Envol et l’Alliance pour le changement, a prévu une manifestation qui partira de plusieurs communes de Kinshasa pour chuter au siège du Parlement congolais.
Ce sit-in, qui coïncide avec la rentrée parlementaire dans les deux chambres, mais également avec la Journée internationale de la démocratie, vise à s’opposer à tout changement ou révision de la Constitution.
Christel Insiwe