Le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi, mardi 15 septembre 2026, aux incidents enregistrés lors de la marche organisée par la Coalition Article 64 (C64) à Kinshasa et dans d’autres coins de la République démocratique du Congo.
Au cours d’un briefing à Kinshasa, il a dénoncé notamment les actes de manipulation et de désinformation qu’il attribue à certains acteurs de l’opposition, tout en affirmant que le droit de manifester doit être concilié avec le maintien de l’ordre public.
« D’abord ce qu'il faut observer, c'est que nous sommes dans une démocratie et que les uns et les autres sont dans leur droit de vouloir s'exprimer pour certains, et d'autres sont dans leur droit aussi, pour ne pas dire leur devoir, d’assurer la sécurité à la fois de ceux qui manifestent et de ceux qui ne manifestent pas », a déclaré Patrick Muyaya.
Le porte-parole du gouvernement s’est ensuite attaqué à ce qu’il qualifie de « poison rwandais », faisant référence à des messages ayant circulé avant la manifestation.
« Ce que j'ai déploré en premier, c'est d'abord ces tactiques démodées de recourir à ce qu'on appelle le poison rwandais, c'est-à-dire le mensonge et la manipulation. Vous aviez tous vu ce faux communiqué qui a circulé hier pour dire que les enfants ne devaient pas aller à l'école », a-t-il ajouté.
Pour Patrick Muyaya, l’opposition ne devrait pas recourir à de telles méthodes pour obtenir l’adhésion de la population.
« Je pense que l'opposition ne doit pas imiter les méthodes du père et du fils, donc le Rwanda et du M23, qui excellent dans la manipulation et les mensonges. S'ils ont besoin d'adhésion, ils peuvent trouver d'autres types de moyens », a-t-il déclaré.
Et de renchérir : « Il ne faudrait pas toucher à un point essentiel comme l'éducation de nos enfants. Et il ne faudrait pas toucher à ces secteurs en venant avec des communiqués faux et mensongers, fabriqués dans l'objectif de semer la peur dans la tête des parents pour que les enfants n'aillent pas à l'école ».
Évoquant le déroulement de la journée, le ministre a soutenu que les activités institutionnelles et professionnelles avaient continué normalement.
« Vous avez observé avec nous que tous ceux qui devaient travailler aujourd'hui ont travaillé. Nous, nous étions au Parlement pour les dépôts du budget d'abord, ensuite pour la rentrée parlementaire, la rentrée au Sénat et à l'Assemblée nationale », a-t-il fait savoir.
Patrick Muyaya a par ailleurs évoqué les incidents signalés sur le parcours de la manifestation, notamment à Limete, et annoncé qu’un bilan devait être établi par les autorités compétentes.
« Il y aura un rapport consolidé que nous aurons tout à l'heure de la ville-province de Kinshasa ou peut-être du ministère de l'Intérieur qui donnera une indication », a-t-il indiqué.
Il a également salué l’attitude des forces de l’ordre face aux incidents enregistrés.
« Il faut saluer le professionnalisme de la police qui, malgré les provocations, n'a pas cédé », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Selon lui, les mobilisations signalées dans certaines villes du pays, notamment à Lubumbashi et Kolwezi, n’auraient pas permis aux organisateurs d’atteindre leur objectif.
« Il y a eu des petites tentatives à Lubumbashi ou à Kolwezi pensant troubler l'ordre public parce que finalement, c'est lorsqu'on trouble l'ordre public, c'est lorsqu'on attire l'attention des médias qu'on pense avoir fait l'événement, ou c'est lorsque on fait une théâtralisation, une victimisation qu'on pense que la manifestation est réussie. Je pense que ce disque est rayé », a-t-il affirmé.
Abordant enfin la question du dialogue national, Patrick Muyaya a appelé les acteurs politiques, y compris ceux de l’opposition, à s’inscrire dans la dynamique lancée par le président Félix Tshisekedi.
« Ici, il faut que les uns et les autres se tiennent dans l'esprit du discours du président du 27 août dernier, où il a lancé le processus du dialogue. Vous avez suivi que pas à pas, le processus prend forme avec l'ordonnance qui a été publiée dimanche », a-t-il déclaré.
La Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel a organisé mardi 15 septembre une marche à travers le pays contre le changement de la constitution. À Kinshasa, tout comme à Lubumbashi, des incidents causant des blessés, ont été signalés.
Roberto Tshahe Da Cruz