La justice est paralysée dans la province du Kasaï. Toutes les juridictions de la province ne fonctionnent plus à cause de la carence des juges, dénonce Maître Hubert Ngulandjoko, le bâtonnier du Kasaï
Tribunaux de paix, tribunaux de grande instance, cours et parquets : les dossiers s'accumulent, les audiences sont renvoyées sine die, les détenus préventifs restent en prison au-delà des délais légaux.
"L'appareil judiciaire est presque inexistant au Kasaï. Les institutions existent de nom mais les juridictions ne fonctionnent pas. Toutes les juridictions ne fonctionnent pas à cause de la carence des juges. Parce qu'il n'y a pas de juges, nos compatriotes qui sont gardés dans différentes prisons croupissent et ne connaissent pas leur sort, il y en a qui meurent en prison. Dans certaines juridictions, les OPJ se sont transformés en juges, ils condamnent et libèrent. Il y a des gens qui sont arrêtés pour des faits bénins qui attendent les juges, plus d'une année, donc ils sont gardés innocemment", a déclaré le bâtonnier Hubert Ngulandjoko.
Il révèle que plusieurs juridictions n'ont plus de juges en nombre suffisant pour composer le siège. Certaines n'ont qu'un seul juge, d'autres fonctionnent avec des juges affectés mais jamais arrivés à Tshikapa.
Conséquence : les justiciables parcourent des centaines de kilomètres sans être entendus, les conflits fonciers et familiaux restent bloqués, et l'impunité s'installe.
Les acteurs judiciaires du Kasaï lancent un appel urgent au Conseil supérieur de la magistrature et au Ministère de la Justice pour l'affectation de nouveaux magistrats dans la province.
Fabien Ngueshe, à Tshikapa