Dossier Prince Epenge : une demande de mise en liberté provisoire introduite au Tribunal, Fayulu exige le respect de ses droits

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Le collectif des avocats de Prince Epenge a introduit une demande de mise en liberté provisoire en faveur de l’opposant, transféré au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe après avoir passé 48 heures au Conseil national de cybercriminalité (CNC). La défense déplore les conditions dans lesquelles elle a été reçue par les autorités judiciaires et réclame le respect des droits de son client.

S’exprimant devant la presse, un membre du collectif a indiqué que les avocats étaient présents depuis la matinée, mais n’avaient été reçus par les procureurs qu’à 14 h 55. Il a également précisé que les magistrats instructeurs ne les avaient pas reçus.

« Nous sommes là depuis le matin […] et c’est à 14 h 55 qu’on a été reçus par les procureurs », a-t-il déclaré, évoquant les difficultés rencontrées par la défense au cours de la journée.

Selon cet avocat, Prince Epenge a été soumis à une audition sommaire la veille, puis à une autre le matin même. Il affirme que les avocats ont ensuite passé plus d’une heure à effectuer des démarches liées à la procédure judiciaire.

Le collectif estime que cette situation porte atteinte aux droits de la défense et aux garanties dont doit bénéficier toute personne poursuivie. L’avocat a notamment dénoncé ce qu’il considère comme un « non-respect » des droits de la défense et de ceux de son client.

À l’issue de leurs démarches, les avocats ont introduit une demande visant à obtenir la libération de leur client. Ils disent attendre une réponse des autorités judiciaires et espèrent que Prince Epenge pourra recouvrer sa liberté.

« La demande a été introduite pour lui donner sa liberté ce soir », a déclaré le représentant du collectif, qui a exprimé la confiance de la défense dans les autorités judiciaires pour l’examen de cette requête.

Prenant également la parole au sujet de cette affaire, l’opposant Martin Fayulu a dénoncé la détention de Prince Epenge et exigé le respect de ses droits fondamentaux.

« Je dénonce la détention de Prince Epenge, président de l’ADDCongo, 2ᵉ vice-président et porte-parole de Lamuka, ainsi que membre de la C64, déféré devant le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe après 48 heures de détention au Conseil national de cybercriminalité. J’exige le respect de ses droits fondamentaux », a-t-il écrit sur son compte X ce jeudi.

Dans la même lignée, Martin Fayulu a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités dans la mort de Manassé Lomboto, survenue le 15 septembre 2026.

« La mort de Manassé Lomboto, survenue à la suite des violences du 15 septembre 2026, imputées à la “Force du progrès”, milice de l’UDPS/Tshisekedi, exige une enquête indépendante, impartiale et approfondie », a-t-il déclaré.

Martin Fayulu a également exigé que la plainte déposée par les avocats de la C64 soit examinée avec diligence, sans manœuvres dilatoires ni faux-fuyants.

Selon lui, Prince Epenge ne saurait servir de bouc émissaire dans cette affaire. Il estime que la justice doit faire toute la lumière sur les circonstances du décès de Manassé Lomboto et établir les responsabilités pénales individuelles, y compris aux niveaux hiérarchique et opérationnel, sans pression politique ni instrumentalisation de la justice.

Prince Epenge, président de l’ADDCongo, deuxième vice-président et porte-parole de Lamuka, ainsi que membre de la C64, a été arrêté dans le cadre d’une affaire liée à des déclarations sur la mort de Manassé Lomboto. Selon les informations communiquées précédemment par son avocat, il est poursuivi pour « propagation de faux bruits ». Il avait été arrêté à l’aéroport après la confiscation de son passeport, puis conduit au Conseil national de cybercriminalité avant son transfert au parquet de Kinshasa/Gombe.

Roberto Tshahe