L’Assemblée nationale a déclaré recevable, mercredi 28 octobre 2026, le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice budgétaire 2025, présenté par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. Ce texte porte sur l’exécution du budget de l’État pour l’année 2025, tel que modifié par la loi de finances rectificative n° 25/044 du 28 juin 2025.
Selon une dépêche du ministère des Finances, les recettes du pouvoir central ont atteint 41 979 milliards de francs congolais (FC), sur des prévisions de 50 691 milliards de FC, soit un taux d’exécution de 82 %.
Ces chiffres s’inscrivent dans la trajectoire présentée par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 11 septembre 2026. À cette occasion, les recettes réalisées avaient été établies à 40 559,66 milliards de FC, correspondant à un taux d’exécution de 80,01 %.
Les recettes d’origine interne ont contribué à cette mobilisation, avec 30 150 milliards de FC collectés sur des assignations de 30 647 milliards de FC, soit un taux de réalisation de 98 %. D’après le ministère des Finances, il s’agit du niveau de mobilisation des recettes internes le plus élevé depuis la période post-boom minier de 2022.
Hors recettes pétrolières et minières, les recettes internes se sont établies à 27 849,49 milliards de FC, représentant près de 91 % des assignations, dans un contexte marqué par des difficultés sécuritaires et humanitaires.
L’analyse des performances des régies financières fait ressortir des taux de réalisation supérieurs aux prévisions pour plusieurs administrations. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) a mobilisé 4 892,69 milliards de FC, soit un taux de réalisation de 123 %.
La Direction générale des impôts (DGI) a enregistré 9 996 milliards de FC, contre 8 524 milliards prévus, correspondant à un taux de réalisation de 117 %. Hors recettes pétrolières et minières, ce taux s’est établi à 117,28 %.
De son côté, la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participations (DGRAD) a mobilisé 2 655 milliards de FC sur des prévisions de 2 500 milliards, soit un taux de réalisation de 105 %. Hors recettes pétrolières et minières, ce taux a atteint 105,83 %.
L’exécution du budget 2025 est intervenue dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile, marqué notamment par la chute de Goma et de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, ainsi que par la perte de recettes provenant du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Cette situation a entraîné une intensification des dépenses liées à la défense et à la souveraineté nationale. Les dépenses du pouvoir central se sont élevées à 40 661,41 milliards de FC, correspondant à un taux d’exécution de 80,21 %.
Le ministère des Finances fait état d’un déficit global consolidé de 101,75 milliards de FC, couvert par les émissions de bons et d’obligations du Trésor ainsi que par les appuis budgétaires, sans recours au financement monétaire.
Malgré ces contraintes, le gouvernement affirme avoir maintenu ses efforts d’investissement dans les infrastructures et la modernisation du pays. Plus de 2 500 milliards de francs congolais ont ainsi été exécutés sur les ressources propres de l’État, à travers le Compte général du Trésor, pour financer les principaux projets d’investissement.
Parmi les projets soutenus figurent la modernisation des infrastructures de Kinshasa et de la voirie de Mbuji-Mayi, la construction de la centrale hydroélectrique de Katende, le développement de la nouvelle aérogare de l’aéroport international de N’Djili, ainsi que l’acquisition d’équipements destinés à l’entretien des routes.
Ces investissements s’inscrivent dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui vise notamment le désenclavement des territoires, le soutien à l’activité économique et l’amélioration des conditions de vie de la population.
À l’issue de sa présentation devant les députés nationaux, le ministre des Finances a exprimé sa gratitude au chef de l’État pour son orientation stratégique. Il a également salué l’engagement et le professionnalisme des agents et cadres des régies financières.
Le ministère des Finances réaffirme, pour sa part, son engagement à poursuivre les réformes destinées à renforcer la transparence budgétaire, à accroître la mobilisation des ressources intérieures et à préserver les équilibres macroéconomiques, dans un contexte marqué par les enjeux de l’intégrité territoriale et du bien-être de la population.
Raphaël Kwazi