La Première ministre Judith Suminwa a présenté les mesures prises par son gouvernement pour protéger les femmes et préserver l'avenir des enfants dans les zones affectées par les conflits armés dans l'Est de la République démocratique du Congo. Parmi les actions évoquées figurent la prise en charge des survivantes de violences, le soutien à l'entrepreneuriat féminin ainsi que la couverture des frais d'organisation des examens d'État pour les élèves des établissements publics.
Elle s'est exprimée mardi 3 novembre 2026, à Dar es Salaam, en Tanzanie, lors de sa participation à la première édition de la Conférence des femmes parlementaires de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), au cours d'un panel consacré au leadership parlementaire des femmes au service de la paix, de la sécurité et du développement dans la région.
Évoquant les conséquences de trois décennies de guerre dans l'Est du pays, particulièrement sur les femmes et les jeunes filles, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d'une réponse cohérente face à cette situation.
« Vous avez parlé d'instabilité politique à l'Est, moi je vais vous parler d'une guerre à l'Est de la République démocratique du Congo. Ça fait 30 ans, nous avons particulièrement des femmes, des jeunes filles qui subissent les conséquences de cette guerre. Et dans ce cadre-là, il est important pour nous, en tant que Gouvernement, de prendre un certain nombre de mesures », a déclaré Judith Suminwa.
Concernant la protection des enfants, notamment dans les zones affectées par le conflit comme Goma et Bukavu, la Première ministre a expliqué que le gouvernement prend en charge les frais liés à l'organisation des examens d'État pour les élèves des établissements publics. Cette mesure vise à permettre aux jeunes, filles comme garçons, de poursuivre leur parcours scolaire malgré les difficultés sécuritaires.
Sur la situation des femmes, Judith Suminwa a notamment mis en avant les initiatives d'autonomisation économique, à travers des programmes de soutien aux jeunes et à l'entrepreneuriat féminin.
« Il est important aujourd'hui d'assurer que nous puissions avoir une réponse cohérente et délibérée par rapport à la problématique des femmes. Pour ça, non seulement dans le cadre de notre programme d'action, nous travaillons sur l'autonomisation de la femme, sur la prise en charge économique de la femme... Nous sommes en train d'organiser un certain nombre de programmes qui soutiennent les jeunes, mais qui soutiennent aussi l'entrepreneuriat féminin pour pouvoir leur donner des options économiques qui vont leur permettre de se prendre en charge », a-t-elle souligné.
La cheffe du gouvernement a également évoqué les interventions du Fonds national destiné à soutenir les survivantes des violences liées aux conflits armés. Ces mécanismes portent notamment sur leur accompagnement psychologique, social et économique. Elle a précisé que certains programmes bénéficient de l'appui des Nations Unies et des ressources du budget de l'État, afin d'atteindre également les femmes vivant dans les zones difficiles d'accès.
Par ailleurs, Judith Suminwa a rappelé la mise en œuvre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), qui prévoit notamment la construction d'écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs pour renforcer la présence de l'État dans les communautés.
« Nous avons commencé par construire des écoles, des centres de santé, des bâtiments administratifs... Le programme est en cours, il n'est pas encore finalisé », a-t-elle indiqué.
Elle a également établi un lien entre ces initiatives de développement local et la politique de gratuité des accouchements, présentée comme un autre mécanisme de soutien aux femmes et de réduction de la mortalité maternelle.
À travers ces différentes interventions, la Première ministre a défendu une approche associant protection des femmes et des enfants, accès à l'éducation, autonomisation économique et renforcement des services publics dans les zones affectées par les conflits armés.
Organisée du 2 au 5 novembre 2026 à Dar es Salaam, cette première Conférence des femmes parlementaires de la CIRGL réunit des responsables parlementaires et des représentants d'institutions régionales et internationales autour des enjeux de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs.
Merveil Molo