Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo a publié son rapport mensuel sur les principales tendances des violations des droits de l’homme enregistrées au mois d’août 2026.
Selon ce rapport, le BCNUDH a documenté 491 violations et atteintes aux droits humains ayant fait au moins 1 264 victimes, dont 670 hommes, 358 femmes, 119 enfants et 117 personnes dont le genre et l’âge n’ont pas été identifiés. Ce bilan représente une augmentation d’environ 6 % par rapport au mois de juillet, au cours duquel 464 violations et atteintes avaient été recensées.
Cette hausse s'inscrit dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC, particulièrement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans ces régions, les attaques meurtrières menées par des groupes armés contre les populations civiles, ainsi que les affrontements entre les forces étatiques et ces groupes, continuent de faire des victimes.
Le rapport fait également état d’une détérioration de la situation humanitaire. Le nombre de personnes déplacées internes en RDC est ainsi passé d’environ 5,8 millions à la fin du mois de juillet à 6,1 millions à la fin du mois d’août 2026.
Dans les provinces non affectées par les conflits armés, la situation des droits humains est également demeurée préoccupante. Le BCNUDH y a documenté 79 violations et atteintes aux droits humains, contre 47 en juillet, soit une augmentation de 68 %.
La majorité de ces violations a été attribuée aux agents de la Police nationale congolaise (PNC), avec 36 cas, suivis des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC), avec 25 cas, et d’autres agents de l’État, avec 14 cas.
Par ailleurs, deux atteintes ont été imputées à des civils armés et deux autres au mouvement Debout Katangais pour la libération du Congo.
S’agissant des violences sexuelles liées aux conflits (VSLC), le BCNUDH a documenté, au cours du mois d’août 2026, au moins 65 incidents ayant touché 230 victimes, dont 166 femmes et 64 filles.
Ce bilan représente une augmentation d’environ 202 % par rapport au mois précédent, au cours duquel 76 victimes, dont 42 femmes et 34 filles, avaient été recensées. Cette évolution témoigne de la persistance des violences sexuelles dans les zones affectées par les conflits.
Le rapport fait également état de 95 victimes de violences sexuelles attribuées à l’AFC/M23, pour des faits commis entre décembre 2025 et mai 2026 dans les villages de Ndolera, Lubarika, Kiringye et Luvungi, situés dans le territoire d’Uvira.
En août 2026, le BCNUDH a également documenté 15 violations et atteintes aux droits humains liées à l’espace civique, ayant fait 15 victimes, dont une femme.
Comparativement au mois de juillet, le nombre de violations est resté stable, tandis que celui des victimes est passé de 7 à 15. Ces incidents ont été enregistrés dans trois provinces : 10 au Sud-Kivu, 4 au Haut-Katanga et 1 à Kinshasa.
Sur les 15 cas recensés, 12 violations ont été commises par des agents de l’État, dont 7 par la PNC, 3 par les FARDC, 1 par un autre agent de l’État et 1 par l’Agence nationale de renseignements (ANR). Les trois autres atteintes ont été attribuées au M23.
En matière de protection individuelle, le BCNUDH a documenté 16 cas concernant 26 victimes. Parmi ces incidents figurent sept cas de menaces proférées par des militaires des FARDC, quatre impliquant des agents de la PNC, trois attribués à des autorités administratives ou à des services de renseignement et deux imputés à des groupes armés, dont un à l’AFC/M23 et un à des membres d’un groupe Wazalendo.
Ces cas ont été enregistrés dans neuf provinces : 5 au Nord-Kivu, 3 en Ituri, 2 au Sud-Kivu et 1 dans chacune des provinces du Bas-Uélé, du Haut-Uélé, du Sud-Ubangi, du Lualaba, de Kinshasa et du Kongo-Central.
À l’issue de l’examen de ces situations, 26 bénéficiaires, dont 24 défenseurs des droits humains et deux journalistes, parmi lesquels une femme, ont bénéficié d’une assistance destinée à renforcer leur sécurité.
Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, les tribunaux militaires ont examiné six procédures judiciaires engagées contre cinq militaires des FARDC et un agent de la PNC. Ces procédures ont abouti à la condamnation des personnes concernées pour des infractions constitutives de violations des droits humains.
Enfin, au cours de la période considérée, trois militaires des FARDC ont été condamnés à la peine de mort.
Linda Lusonso