Dialogue / Constitution : La Cenco exige le respect des articles verrouillés

Mercredi 7 septembre 2016 - 11:19
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Tout en insistant sur la participation de  » grandes familles politiques de l’Opposition  » à ces assises, afin de résoudre la crise actuelle de manière consensuelle et durable, les évêques menacent de se retirer du Dialogue au cas où ce forum prendrait une voie autre que celle du respect de la Loi fondamentale. Particulièrement en ce qui concerne le mandat présidentiel et l’alternance démocratique au pouvoir en RDC.

Six jours seulement après le démarrage effectif des travaux du dialogue ouverts par Edem Kodjo à la cité de l’Union africaine, les choses ne semblent pas évoluer dans le sens de mettre les Congolais autour d’une même table pour trouver des solutions aux maux qui rongent la République démocratique du Congo.

C’est ce qu’on peut dire du Dialogue ouvert par Kodjo où certains participants se retirent, puis rejoignent la cité de l’UA, tandis que d’autres refusent catégoriquement d’y prendre part, mais sont aperçus dans ce site stratégique.

D’autres encore siègent sans mandat de leurs partis, regroupements ou plateformes politiques. Conséquence, défections, révocations, radiations, retraits de confiances… sont enregistrés dans différentes structures politiques.

Comme si cela ne suffisait pas, les évêques viennent de monter au créneau en appelant, une fois encore, au respect de la Constitution quant à l’issue des travaux du dialogue.

Au cas contraire, la Conférence épiscopale nationale du Congo menace de se retirer des travaux qui se tiennent à la cité de l’Union africaine.
Les princes de l’Eglise font aussi remarquer qu’il y a nécessité de respecter  » absolument  » la Constitution durant ce dialogue, particulièrement les articles  » verrouillés  » ayant trait au mandat présidentiel et à l’alternance démocratique.

En effet, dans un communiqué publié le mardi 6 septembre 2016 et signé par son président, Mgr Marcel Utembi Tapa, la Cenco déclare qu’  » elle ne pourra pas maintenir sa participation à ce forum si ses exigences fondamentales ne sont pas respectées « . Dans le lot, elle exige la participation de  » grandes familles politiques de l’Opposition « . Pour le président de la Conférence des évêques,  » cette présence donnerait plus de chance au pays d’aboutir à la résolution de la crise actuelle de manière consensuelle et durable « .

Pour obtenir un  » dialogue national franc et sincère, susceptible de résoudre la crise actuelle que connaît le pays « , la Cenco invite toutes les parties prenantes à assurer son caractère inclusif.

Dans ce cadre, les évêques apprécient les  » gestes encourageants posés par le gouvernement  » en libérant certains prisonniers politiques et d’opinion. Ils souhaitent, cependant, que ces mesures de grâce soient étendues à  » d’autres personnes se trouvant dans les mêmes conditions « , allusion faite sans doute à Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, et plusieurs autres membres de partis de l’Opposition et de la Société civile qui croupissent encore dans différentes prisons en RDC.

En résumé, la Conférence épiscopale nationale du Congo demande à la Communauté internationale de veiller à la bonne application des conclusions, résolutions et recommandations du dialogue national, afin d’  » éviter de nouveaux blocages qui résulteraient de la mauvaise foi de l’une ou l’autre partie « .

Par Lefils Matady

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