«La porte n'a jamais été fermée au Rassemblement» dixit Patrick Nkanga.

Publié lun 12/09/2016 - 15:16

Patrick Nkanga, cadre du PPRD, Conseiller au Collège politique du cabinet du Chef de l'État État et délégué de la Majorité au Dialogue National et Inclusif s'est confié le lundi 12 septembre à la rédaction de 7SUR7.CD sur les questions brûlante de la RDC. Dans l'interview nous a accordée, Patrick Nkanga souhaite un Compromis politique pour éviter le chaos au pays. Selon lui ce compromis doit être fait des concessions mutuelles entre l'opposition et la majorité présidentielle. Il souhaite que le Rassemblement participe au Dialogue. Il aussi réagi à la suspension par l'Opposition de sa participation au Dialogue. Selon lui, «la facilitation et le groupe de soutien devront jouer leurs rôles afin de concilier les vues divergentes». Ci-dessous l'intégralité de l'entretien..

1. Le Dialogue a démarré sans le Rassemblement, frange la plus importante de l'Opposition, quel crédit aura ses résolutions car non inclusif? N'iront-elles pas à la poubelle comme bon nombre de celles issues des Concertations nationales?

P.N: La non participation du rassemblement n'est pas une cause de non inclusivité du dialogue. Encore que le Rassemblement, ce n'est que l' UDPS, les autres partis ne représentent pas grand chose dans l'échiquier nationale. Il sied de préciser que le dialogue est inclusif, du fait de sa composition, les blocs électoraux, ce qu'on pourrait appeler les "swing state" de la RDC sont présents, nous parlons de l'Est et de l'Ouest, quel est ce parti au Rassemblement qui est plus significatif à l'Est que l' UNC, l'AFDC, le PANADER, quel est ce parti au Rassemblement qui est plus ancré, à l'Ouest, que le Palu, le CCU, l'UFC, etc.... Je me réserve de dire l'importance du PPRD, au niveau national. Donc, dire que le dialogue n'est pas inclusif, relève purement d'une posture politicienne, et de clore que la porte n'a jamais été fermée au "Rassemblement"

2. Pourquoi est-il si difficile à la majorité présidentielle de rencontrer les préalables de l'Opposition, notamment libération des prisonniers politiques et réouverture des médias ainsi que l'abandon des poursuites fiscales et judiciaires contre Katumbi et Fayulu? Au nom de la paix, la MP avait refusé de poursuivre Bosco Ntanganda?

P.N: il est important de préciser qu' en RDC, il n'existe pas des prisonniers politiques, cela veut dire que l'on arrête pas les personnes à cause de leur opinion politique. Nous sommes le pays d' Afrique, au sein duquel la population s'exprime librement sur les questions politiques. Vous n'avez qu'à prendre un transport en commun pour vous rendre compte de cette donne. Il existe cependant, des hommes politiques en prison, comme cela est plausible en Europe, pour des faits tout autre que politiques et des mesures de décrispation ont été prises pour, sous réserve de certaines conditions, que plusieurs de ces acteurs recouvrent la liberté, c'est dans cet ordre d'idées que nos amis de la LUCHA, FILIMBI ont été libérés. Plusieurs cas sont encore en étude au niveau du Ministère de la Justice. Cependant, le Dialogue ne doit pas tomber dans le piège de faire du Congo, un État de non droit.

3. Comment Evoloko a-t-il pu être libéré alors qu'il purgeait une peine de 5 ans pour viol. Diomi pour des faits similaires demeure en prison?

P.N: Je ne suis pas du pouvoir judiciaire, je ne peux donc établir la similarité des faits. Tout ce que l'on puit dire, d'aucune manière, nous pouvons faire l'apologie du viol. Si le cas Diomi est éligible aux mesures de décrispation, la Commission que dirige le Ministre Tambwe, à ce sujet, nous le fera savoir .

4. Pourquoi tenez-vous tant, vous de la Majorité, à commencer par les élections locales sachant qu'elles sont les plus complexes à organiser alors qu'elle ne cristallise pas l'attention de l'opinion publique congolaise?

P.N: Ce n'est pas un projet de la majorité ou une idée qui provient de notre regroupement politique. C'est la volonté du Constituant originel, qui exige que nous ayons des animateurs politiques à tous les niveaux. Depuis 2006, cette volonté n'est pas mise en œuvre. Et de préciser que la Constitution du 18 février 2006, est aussi le compromis entre deux grands blocs, les Unitaristes et les Fédéralistes, voilà pourquoi nous avons un État Unitaire fortement décentralisé, ne pas organiser les élections à la base, engendre un vrai dysfonctionnement de l'État, tel que structuré dans notre Constitution.

5. Vous voulez obtenir un 3è mandat de facto pour le président Kabila comme le dit le Rassemblement?

P.N:C'est une fixation sur la personne de  Joseph KABILA. Les mandats sont tributaires du vote de la population.

6.  Alors que vous êtes responsable de la crise politique actuelle, selon les observateurs internationaux et nationaux, vous avez jusqu'ici fait très peu de concessions à l'Opposition, mettant ainsi en porte à faux la frange de l'Opposition qui participe au Dialogue.

P.N: ça dépend de ce que vous entendez par responsabilité, si tout nous incombe du fait que nous soyons au pouvoir, je vous comprendrai. Cependant, le pouvoir organisateur des élections, c'est la CENI, au sein de laquelle il y a la Majorité, l'Opposition et la société civile. L'essentiel, aujourd'hui, c'est qu'il y ait compromis politique, pour qu'on avance. Compromis, veut dire concession mutuelle. La posture de la frange de l'Opposition extra-dialogue, est politicienne et ne sert aucune cause relative à la consolidation de la paix et de la démocratie. L'essentiel, c'est le CONGO et nous devons, ensemble, veiller à son intégrité.

7. Selon le scénario retenu pour constituer le fichier électoral, refonte totale, à quand la présidentielle ? Une projection?

P.N: il sied d'attendre les résolutions consensuelles du dialogue.

8. Comment expliquer qu'en même temps qu'on vous demande de détendre le climat politique vous continuez à restreindre les libertés publiques en empêchant Mwando Nsimba de se rendre à Kalemie?

P.N: nous n'avons aucune information à ce sujet. Il est important de s'informer auprès du pouvoir local, pour avoir des éclaircissements, cela nous permettra de savoir si cela était fondé ou infondé.

9. Qu'avez vous  à prodiguer comme conseil au Rassemblement qui entend organiser des sit-in le 19 septembre pour demander la présidentielle dans le délai constitutionnel?

P.N: qu'il privilégie l'essentiel, l'essentiel c'est notre CONGO. Le chaos ne profitera ni à l'Opposition, ni à la Majorité, encore moins à notre population.

10. Qui est responsable de la crise actuelle? N'est-ce pas Kabila, qui a failli à sa mission de garant du bon fonctionnement des institutions?

P.N: ce n'est pas lui qui a récusé à deux reprises le calendrier électoral, en décriant tantôt son caractère partiel et parfois son caractère global. En jouant son rôle d'arbitre, il a appelé les uns et les autres à échanger pour dégager une vue consensuelle, afin de promouvoir un climat apaisé pour l' organisation des élections.

11. Quel est votre regard sur la Lucha et Filimbi? A la place de la guerre ils combattent le régime avec les armes constitutionnelles et originales! Sont-ils des «terroristes»?

P.N: l'avenir de ce pays, se fera avec les jeunes. Le Chef de l'État a rappelé aux jeunes de la LUCHA, la responsabilité de la jeunesse par rapport au changement positif dont ils doivent être les acteurs, dont nous devons être les acteurs, car je suis aussi jeune comme eux. Seulement, nous devons privilégier l'amour du pays et ne pas être des instruments des forces extérieures, de certains politiciens, qui ont des agendas qui ne sont pas toujours à leur avantage.

12. Votre réaction à la nouvelle de suspension de la participation de l'Opposition au Dialogue. Vital Kamerhe dit vouloir que la MP renonce aux locales pour la présidentielle.
P.N: Aucunement, nous sommes en négocation, les parties prenantes au dialogue sont l Opposition, la Majorité et la société civile. Nous ne sommes pas dans une espèce de monisme, si nous en sommes là, c'est parce que nous n'étions pas d'accord sur certains points. La facilitation ainsi que le groupe de soutien, devront jouer leurs rôles, afin de concilier les vues divergentes.