RDC - Inflation : "Certaines dépenses inutiles, aujourd’hui on ne peut pas se les permettre" (D. Mutombo, Gouv BCC)

Publié mer 29/07/2020 - 23:14
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Pour stabiliser le taux d’inflation, le gouverneur de la Banque centrale du Congo suggère notamment la fin « des dépenses inutiles » que le gouvernement ne peut plus se permettre aujourd’hui.

Déogratias Mutombo a organisé une conférence de presse, ce mercredi 29 juillet 2020, au cours de laquelle il a proposé trois  solutions pour stabiliser le marché de change en RDC.

Le numéro un de la BCC  a premièrement préconisé l'ajustement budgétaire. 

Il pense que le gouvernement devrait, à ce stade, suspendre tous les paiements non prioritaires de l'État jusqu'à la résorption du déficit.

"C’est ce qu’on a fait en 2017. Si on n’est pas en mesure de le faire, on peut suspendre à des intervalles bien précis certains paiements...Il faut à tout prix arrêter avec les déficits supplémentaires. Par contre, il faut dégager des marges budgétaires. Il faut améliorer la qualité de la dépense. Certaines dépenses inutiles, aujourd’hui on ne peut pas se le permettre », a-t-il déclaré.

Il a, en deuxième lieu, proposé  l’amélioration de la mobilisation des recettes, tout en suggérant  la suppression de la multiplicité des taxes tant légales qu'illégales et la nécessité pour la RDC de se doter d'une stratégie de concurrence fiscale par rapport à ses voisins.

« Tout le monde sait que le pays souffre de la fraude fiscale depuis des années. Pour permettre l’amélioration des recettes, il faut commencer par supprimer la multiplicité des taxes légales qui sont perçues par plusieurs services publics... On devrait aussi avoir une fiscalité compétitive parce qu’on est entouré de neuf voisins », a-t-il dit.

Il souligne par ailleurs   l'importance, avant la mise en place de toutes ces réformes, d'une rencontre  pratique  entre les acteurs gouvernementaux, les opérateurs économiques et les services publics.

La troisième recommandation de l’institut d’émission concerne le respect de la règlementation de change et le rapatriement des recettes d’exportation des sociétés minières.

« Vous savez qu’aujourd’hui, les miniers ont produit même un peu plus que l’année dernière en ce qui concerne le cuivre et le cobalt. Et les cours du cuivre ont même dépassé ceux de l’année passée. Nous sommes à plus ou moins 6400 USD la tonne. Il faut que le rapatriement de 60% soit conforme à la règlementation. Il faut aussi que certains opérateurs économiques, autres que les miniers, respectent aussi la règlementation des changes. Il faut qu’ils respectent aussi l’autorité de la règlementation du marché de change qu’est la banque centrale...  Ici j’adresse un message aux opérateurs de télécommunication qui s’adonnent à la manipulation du taux de change. Ces entreprises affichent le taux de 2030 FC le dollar américain pour vendre leur service", a-t-il indiqué.

Déogratias Mutombo affirme que la BCC se réserve le droit dorénavant de sanctionner toute personne qui s’adonne à la manipulation du taux de change. 

Il précise que pour ces sociétés de télécoms, la pénalité est de 5% du chiffres d’affaires réalisé l’année précédente. 

Il convient de rappeler que le un dollar américain se change actuellement à 2033 franc congolais. 

Une situation qui est à la base d'une forte flambée des prix sur le marché des biens à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays.

Orly-Darel Ngiambukulu