La République démocratique du Congo a procédé, ce vendredi,à Kinshasa, au lancement de l’atelier sur l’état des lieux du fonctionnement et des réalisations des organismes spécialisés chargés de la gestion de la dotation de 0,3 % minimum du chiffre d’affaires des entreprises minières destinée aux projets de développement communautaire.
Selon une dépêche du ministère des Mines, la cérémonie d’ouverture a été présidée par Ève Bazaiba Masudi, ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, et Louis Watum Kabamba, ministre des Mines, respectivement co-présidents du Comité de supervision, d’orientation, de suivi et de contrôle de la gestion de cette dotation.
Cet atelier, qui se tient du 13 au 16 mars 2026, réunit les membres des organismes spécialisés de gestion de la dotation (OS-DOT) ainsi que les experts du Comité de supervision. Il vise à évaluer le fonctionnement de ces structures et le niveau d’exécution des projets de développement communautaire financés par la dotation de 0,3 %, avant la mise en place de nouveaux membres.
Dans son intervention, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a rappelé que le secteur minier constitue l’un des piliers « essentiels » de l’économie nationale, représentant un « levier stratégique pour la croissance, la création d’emplois et l’augmentation des recettes publiques ». Il a souligné que la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières vise à assurer une redistribution plus équitable des richesses issues des ressources naturelles au profit des communautés locales affectées par les projets miniers.
Il a également insisté sur la nécessité d’une évaluation « rigoureuse et sans complaisance » du fonctionnement des organismes spécialisés, afin d’identifier les difficultés rencontrées et de proposer les réformes nécessaires pour renforcer leur efficacité.
« C’est une occasion unique de prendre en main le destin de nos populations et de développer notre pays. Il ne s’agit pas d’aller à la Banque mondiale, ni au Fonds monétaire international, ni à la Banque africaine de développement, ni à l’Union européenne pour tendre la main. Les moyens existent déjà. La balle est dans notre camp. Permettez-moi de poser une question à vous, dames et messieurs responsables des dotations : quelles sont les durées de vie de vos mines respectives ? Je ne suis pas certain d’obtenir des réponses précises. Or, si vous ne connaissez pas la durée de vie de vos mines, comment planifierez-vous l’après-mines ? La véritable question n’est pas ce que vous dépensez aujourd’hui, ni les salles de classe ou les centres de santé que nous inaugurons. La vraie question est : que voulons-nous voir après l’épuisement des mines ? C’est cette vision qui doit être gravée dans nos esprits dès aujourd’hui », a-t-il déclaré.
La ministre d’État, Ève Bazaiba, a, pour sa part, réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner la mise en œuvre des recommandations.
« En ma qualité de co-présidente du comité de supervision, je tiens à réaffirmer, avec mon collègue, notre engagement total à vous accompagner dans la mise en œuvre des conclusions, non seulement de cet atelier, mais également de ceux qui suivront. Le comité de supervision ne se contentera pas de recevoir un rapport destiné à rester dans les tiroirs. Nous suivrons avec la plus grande attention la mise en œuvre des recommandations », a-t-elle souligné.
De son côté, Alice Mirimo Kabetsi, administratrice directrice générale du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS), a salué l’initiative, qu’elle considère comme une illustration de la volonté du gouvernement de garantir que les ressources minières profitent «effectivement» aux communautés locales.
Cette dépêche indique par ailleurs qu’à ce jour, 46 organismes spécialisés ont été installés dans cinq provinces (Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Uélé, Kasaï Oriental et Nord-Kivu), dont 43 sont opérationnels. Sur 485 projets approuvés, 222 sont achevés, 169 sont en cours d’exécution, 41 sont en procédure de passation des marchés et 53 restent à lancer.
Enfin, elle renseigne que les travaux de cet atelier devraient déboucher sur des recommandations visant à renforcer « la gouvernance, la transparence et l’efficacité de la gestion de la dotation de 0,3 % », dans le but de consolider ce mécanisme de redistribution des richesses minières au service du développement durable des communautés.
Raphaël Kwazi