RDC-Processus électoral : "Recherche d'un consensus extra parlementaire, aveu de faiblesse ou d'incapacité du groupe de 12 ?", s'interroge Jean-Bedel Iyoka

Publié mer 05/08/2020 - 12:56
7sur7

Dans un document parvenu ce mercredi 05 août 2020 à la rédaction de 7SUR7.CD, Jean Bedel Iyoka se pose une série des questions sur le bien fondé de la démarche de 12 personnalités politiques et sociales sur la nécessité d'un consensus autour des réformes électorales.

"Comment des parlementaires, élus et délégués au sein des institutions législatives avec la mission de couler le vouloir collectif sous forme de lois chaque fois que l'intérêt général le requiert, peuvent-ils sortir de leur cadre institutionnel ordinaire de débat et de quête permanente de consensus national, pour en appeler à un cadre extra-institutionnel ?", S'interroge ce doctorant en science politique à l'Université de Kinshasa.

Est-ce un aveu de faiblesse et (ou) d'incapacité à y porter le débat ou, tout simplement la dénonciation pure et simple d'un parlement qu'ils reconnaissent au service des groupes d'intérêts sectaires et donc coupé de la logique démocratique et républicaine?, renchérit Jean-Bedel Iyoka.

Qu'à cela ne tienne, celui qui est également expert en stratégie et défense issu du collège des hautes études de stratégies et de défense estime que l'organisation d'un forum national dans le contexte socio-politique actuel face à l'enjeu de la construction de l'État est inconsistante et innoportune pour 3 raisons à savoir : 

1. Le statut des membres du groupe des personnalités demanderesses du forum extra-institutionnel ;

2. L' incohérence de la proposition de solution par rapport aux problèmes posés au regard du contexte institutionnel en vigueur ;

3. Une démarche manichéenne sur fond d'affichage politique, faiblement productrice dans l'absolu.

Mais pour ce chercheur, des alternatives d'actions sont possibles notamment une consultation ordinaire des forces politiques et sociales du pays par le président de la République et l'expression libre des citoyens à travers des mécanismes régulier de participation citoyenne, en regroupement spontané ou en tant qu'organisation structurée.

Pour Jean-Bedel, il s'agit là des deux mécanismes institutionnels et légitimes d'action plutôt que le recours à un dialogue dont la pertinence et l'opportunité ne se justifient pas. Encore que poursuit-il, le consensus que l'on dit rechercher ne serait qu'utopique faute de mécanismes objectifs de légitimation des délégués à des assises extra-institutionnelles qui, au regard du contexte global actuel, pourrait s'avérer être une boîte de pandore.

Pour rappel, le 11 juillet 12 personnalités politiques et sociales dont des parlementaires, ont lancé un appel en vue d'un consensus autour des réformes électorales. Depuis, ils ont déjà échangé avec plusieurs personnalités du pays dont le président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Elysée Odia