RDC : "Poursuites contre Eteni, lois Minaku-Sakata, motion contre VPM Kankonde, investiture des juges constitutionnels et de Patricia Nseya...", voici les enjeux de la session parlementaire de septembre 

Publié mar 15/09/2020 - 09:43
7SUR7

La session parlementaire qui s’ouvre ce mardi à Kinshasa s’annonce explosive. Les deux alliés de la coalition gouvernementale risquent de s’affronter violemment à cause des agendas divergents.

Selon un député de la coalition FCC-CACH qui s’est confié à 7SUR7.CD, les dossiers qui fâchent les deux coalisés sont nombreux. 

Voici les enjeux de la session de septembre qui risque de couler le gouvernement Ilunga 

Selon nos sources, la première cible du Front Commun pour le Congo (FCC), c’est le ministre de la santé Éteni Longondo. L’Inspection Générale des Finances (IGF) a demandé à ce qu’il soit poursuivi par la justice à cause des détournements des fonds Covid-19. Une formalité que la majorité FCC entend rempiler avec empressement. 
Au FCC, on a pas encore digéré l’humiliation du vice-premier et ministre de la justice, Célestin Tunda Ya Kasende.  Pour laver l’affront, le FCC a aussi dans son viseur le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur et sécurité, Gilbert Kankonde. La majorité parlementaire aurait déjà ficelé 3 dossiers contre lui. Il s’agit du dossier "milice Kingabwa", dossier « Kasumbalesa » avec le trublion Tshiswaka et le dossier insécurité « viol à Kinsenso » et « enlèvement dans les transports ».

Enfin, le dossier de la violation du siège du Parlement est aussi mis à charge de Kankonde. Une motion de défiance le ciblerait.

À en croire nos sources, au cours d’une réunion le vendredi passé à Kinshasa pour préparer la session parlementaire, des cadres du FCC ont appelé leurs parlementaires à s’assumer face au CACH.  Certains cadres de la plateforme politique chère à Joseph Kabila s’y sont opposés en recommandant de ne pas affronter directement leur allié CACH mais d’essayer de passer par d’autres forces politiques au sein du Parlement.

L’autre dossier qui va empoisonner les relations FCC et CACH, c’est la validation de la candidature de Ronsard Malonda comme président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Après sa validation par l’Assemblée nationale, le président de la République a refusé de l’investir au nom d’un consensus plus large autour du processus électoral. 

Le retour des lois Minaku et Sakata sur la réforme de la justice devrait aussi mettre le feu aux poudres à l’hémicycle. Ces lois qui avaient jeté des dizaines de milliers de manifestants dans la rue, seront réexaminées.
 
CACH, pour sa part, attend l’élection et l’investiture de Gloria Nseya, sa candidate au poste de premier vice-président de la chambre basse du Parlement après l’éviction de Jean Marc Kabund. CACH attend aussi la prestation de serment des juges constitutionnels nommés en juillet par le président de la République. 

Sur ce dossier aussi, il faut s’attendre à de chaudes empoignades entre CACH et FCC. Enfin, le projet de révision constitutionnelle va aussi fragiliser la coalition. Plusieurs cadres du FCC plaident pour un suffrage indirect pour la présidentielle, alors que le président de la République lui prône pour une présidentielle à deux tours. Il a d’ailleurs réceptionné les conclusions des consultations menées par le groupe de 13 sur les réformes électorales. Bien qu'essentiellement budgétaire, cette session parlementaire sera hautement politique.

Plusieurs observateurs estiment que le terrain entre alliés n’a pas été déblayé. Leurs deux autorités morales se boudent et ne se sont pas rencontrés depuis des lustres pour apaiser les tensions.
Le comite de suivi de l’accord de coalition FCC-CACH, même réaménagé après les départs de Kabuya, Kabund et Shadary, n’est pas suffisamment avancé dans son travail pour espérer une session parlementaire apaisée.

Alphonse Muderhwa

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