Nord-Kivu : Une radio ferme ses portes suite aux menaces rebelles à Lubero

Publié lun 21/09/2020 - 20:20
Photo 7SUR7.CD

La Radio du Peuple pour son Education (RPE), émettant à partir de Njiapanda, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu) a fermé ses portes depuis samedi dernier, notamment par crainte de nombreuses menaces des miliciens Maï-Maï qui agissent sous les ordres du seigneur de guerre Dragon actif dans la région.

Le rédacteur en chef de ce média, contacté ce lundi 21 septembre 2020, explique à 7SUR7.CD que le samedi dernier, un milicien Maï-Maï a débarqué dans les installations de la radio pour donner l’instruction de fermer cette radio sinon il tuerais les journalistes qui exerçaient leurs activités de routine. Depuis, la direction de la RPE a décidé de cesser d’émettre de peur de la sécurité des agents.

« La radio a du fermer les portes de peur des représailles des miliciens. Ce matin, j’ai reçu l’appel du directeur adjoint pour qu’on organise une réunion d’urgence avec le fonctionnaire délégué du gouverneur affecté dans le secteur de Bapere afin de voir comment sécuriser les journalistes. Jusqu’à présent, la station radio n’émet pas », a-t-il déclaré depuis sa cachette.

L’information est également confirmée par la société civile de l’axe routier Butembo-Manguredjipa, qui dit être « privée du droit d’accès à l’information ».

« Il y a eu un élément Maï-Maï fidèle à Dragon qui est arrivé à la station et cela a frustré les journalistes. Notre message est que les Maï-Maï puissent se discipliner et attendre la démobilisation. Qu’ils n’entrent pas dans des situations qui peuvent leur crée des problèmes », a indiqué Gerlance Kayitsupa, président de ladite structure citoyenne.

Il sied de préciser par ailleurs que cette menace est la troisième depuis l’implantation de la Radio du Peuple pour son Education dans le territoire de Lubero. De nombreux miliciens Maï-Maï se sentent lésés de la diffusion des informations à leur égard, par ce média. D’où, l’appel du rédacteur en chef de la RPE au renforcement de la sécurité tout autours de cet outil de communication. 

Joël Kaseso, à Butembo