RDC - "Propos incendiaires" de Kabuya : Le ministre des Finances se réserve le droit de saisir la justice suite aux menaces proférées contre lui et sa famille (Proches) 

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Au cours d'une matinée politique tenue mardi 10 novembre 2020 à Kinshasa, le secrétaire général de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a accusé le ministre des Finances de bloquer, en complicité avec le FCC, le paiement des agents de l'État.

D'après Augustin Kabuya, cette démarche vise à dresser les fonctionnaires, les éléments de la police et de l'armée contre le chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Le numéro deux de l’UDPS aurait, d'après plusieurs médias, proféré également des menaces contre le ministre Sele Yalaghuli.

Et la réaction du camp du ministre des Finances ne s'est pas faite attendre. Se confiant à 7SUR7.CD ce mercredi dans la soirée, un des proches de Sele Yalaghuli qui a requis l'anonymat, prévient que le ministre se réserve le droit de saisir la justice face à ces allégations et menaces.

"Face à des menaces de son intégrité physique ainsi que celle de sa famille, le ministre des Finances se réservait le droit de porter la question auprès des instances judiciaires compétentes. L’État de droit semble s’appliquer de manière discriminatoire, dans des circonstances sélectives", a-t-il indiqué.

Pour rappel, le ministre des Droits humains André Lite a également condamné ce même mercredi au cours d'un point de presse, les propos tenus par Augustin Kabuya. Pour André Lite, ces propos sont "inacceptables".

De son côté, l'organisation internationale de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a également condamné  les propos qui "ont été attribués" au secrétaire général de l'UDPS Augustin Kabuya.

Le climat politique est tendu au sein de la coalition gouvernementale qui est au bord de la rupture. Le président de la République Félix Tshisekedi et son allié l’ex-président Joseph Kabila se livre une guerre sans merci à l’interne comme à l’extérieur du pays, pour le contrôle des institutions de l’Etat. Plusieurs initiatives de médiation seraient en cours pour mettre un terme à cette crise.

Pour sa part, le chef de l’Etat a entrepris des consultations nationales à l’issue desquelles il prendra sa décision.
C’est dans ce climat délétère que l’on assiste à des dérapages verbaux et des invectives entre alliés au pouvoir.

Alphonse Muderhwa