Motion de censure contre S. Ilunga : "Même si le Premier ministre devrait tomber, la motion ne peut être examinée que sous la présidence du bureau définitif", (Geneviève Inagosi)

Inagosi

À un jour de l'examen de la motion de censure contre le premier ministre à l'Assemblée nationale, la députée nationale Geneviève Inagosi a, au cours d'une interview accordée ce lundi 25 janvier 2021 à 7SUR7.CD, affirmé que Sylvestre Ilunga Ilunkamba ne peut se présenter devant le bureau d'âge qui est "incompétent" à mener cette démarche, pour exposer ses moyens de défense. 

S'appuyant sur les articles 12 et 13 du Règlement intérieur de la chambre basse du Parlement, cette élue du Front Commun pour le Congo (FCC) a fustigé l'obstination du bureau d'âge à violer la Constitution. Pour elle, la prérogative constitutionnelle de procéder au contrôle parlementaire revient de plein droit au bureau définitif. 

"Je ne sais pas pourquoi le bureau d'âge est en train de tirer les choses en longueur. Parce que lorsqu'il avait été autorisé à convoquer la session extraordinaire, on aurait pu comme l'a autorisé la Cour Constitutionnelle, commencer par vider la pétition contre le questeur adjoint. Ça été fait. Mais aussi à organiser l'élection et à installer le bureau définitif qui est compétent de se saisir des dossiers de contrôle parlementaire, mais aussi l'examen de projets de lois. Je ne peux pas comprendre pourquoi le bureau d'âge s'obstine à violer la Constitution (...) Le premier ministre ne peut pas se présenter devant un bureau d'âge qui n'est pas compétent à faire examiner une motion de censure contre lui. Parce qu'il a été investi ou mieux son gouvernement par un bureau définitif. Le parallélisme de forme exige à ce que ça soit le même bureau définitif qui procède à sa déchéance", a-t-elle déclaré. 

Au regard du nombre de signatures recueillies, G. Inagosi a reconnu que cette motion de censure conduira à l'éviction du premier ministre et son gouvernement. Mais, a-t-elle insisté, son examen doit se faire que sous la houlette d'un bureau définitif. 

"Nous sommes bien d'avis, au FCC, que la majorité est confortable de l'autre côté avec 301 députés qui ont signé la motion de censure contre le premier ministre. Même si le Premier ministre devrait tomber, la motion de censure contre lui ne peut être examinée que sous la présidence du bureau définitif. C'est ce que nous voulons. De quoi ont-ils peur ? Ils ont la majorité. Il suffit que le bureau définitif soit là pour qu'on procède au vote qui sera majoritaire et le premier ministre va tomber. Ce n'est pas un problème. C'est la démocratie. Faisons les choses dans le respect de nos textes. Lorsque nous commençons à fouler aux pieds notre Constitution et les textes de la République, nous devenons un non État", a souligné l'ancienne ministre du Genre, Famille et Enfant. 

À ceux-là qui appellent le premier ministre à jeter l'éponge "pour sauver son honneur", G. Inagosi a rappelé aux uns et aux autres que la démission est un acte volontaire. 

Visé par une motion de censure, S. Ilunkamba s'est envolé dimanche dernier pour Lubumbashi (Haut-Katanga). Il a effectué ce déplacement pour rencontrer l'autorité morale du FCC, Joseph Kabila, qui avait présenté sa candidature à ce poste. 

Merveil Molo