UNIKIN : Le restaurants de fortune très prisés par les étudiants mais aux conditions hygiéniques "exécrables"

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À chaque pause de 12h, comme il est de coutume partout ailleurs, les étudiants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) cherchent où se garnir le ventre afin de tenir bon aux cours pendant les heures d'après-midi. La majorité afflue dans les restaurants de fortune appelés communément "Malewa" qui pullulent dans différents coins de la plus grande institution universitaire de la capitale de la République démocratique du Congo.

Le plat le plus populaire dans ces "malewa" est constitué des pattes de céréale et du poisson chinchard, appelé "Thomson" à Kinshasa, comme accompagnement. 

Hormis ce plat académique comme les étudiants aiment l'appeler sur la colline inspirée, on sert également le foufou (manioc ndlr), la Chikwangue, le riz, les bananes plantains pour celui qui a confiance en la longueur de ses poches, le pondu mélangé avec le haricot (appelé Nsaka madesu par les kinois), la cuisse de poulet, l'omelette et tant d'autres aliments  comme par exemple le Fumbwa (feuilles de Gnetum), très prisé par le tout Kin. 

Après le repas, les étudiants s'abreuvent souvent avec de l'eau en sachet qu'ils jettent en plein air juste après, ou avec la boisson sucrée pour ceux qui ont un peu plus de moyens. 

Les conditions hygiéniques et d'assainissement de ces Malewa sont exécrables 

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En général, beaucoup de ce qui est consommé est préparé à l’air libre, avec  le risque que les odeurs provenant de toute part atteigne la nourriture. C'est le cas des malewa qui sont à quelques mètres des cliniques universitaires et de sa morgue. Les aérosols à composition chimique variée ou un autre intrus indésirable, comme les mouches par exemple, ont facilement la possibilité de se poser sur la sauce.

Un autre problème majeur remarqué par le reporter de 7SUR7.CD, les "mamans malewa" ne disposent toujours pas  suffisamment d’eau pour bien assurer la vaisselle avant de servir le deuxième client. Ce problème de mal propreté a certainement des conséquences sur la santé des étudiants, qui adorent ces repas malgré tout, à cause de leur faible bourse.

"Chaque matin, je viens avec mes deux bidons d’eau pour une bonne vaisselle, bien que ce n’est pas le cas tous les jours et pour tout le monde. Il y a parfois pénurie d’eau sur le campus. Certaines de mes collaboratrices utilisent parfois une petite quantité d’eau pour la vaisselle, mais en essuyant les assiettes avec la serviette. C’est dans ce cas que les problèmes liés à l’hygiène peuvent se poser. Mais de manière générale, nous vendons en respectant les normes d’hygiène et d’assainissement pour la bonne santé de nos clients qui sont les généralement les étudiants", a dit une maman qui a son malewa non loin de la morgue des cliniques universitaires.

A en croire certains étudiants, certaines mamans Malewa chauffent à plusieurs reprises la nourriture qu'elles servent aux étudiants. C'est ce genre de nourriture qui cause du tort à ceux qui en consomment.

"Il faut noter que parmi les mamans qui font le malewa, il y en a celles qui le font avec propreté, et d’autres non. Celles qui ne le font pas avec propreté et qui arrivent parfois à chauffer la même nourriture à plusieurs reprises, sont celles-là qui causent du tord aux étudiants. Mais, personnellement, je pense que le malewa nous aident beaucoup", a dit à 7SUR7.CD un étudiant trouvé dans un des malewa, attendant qu'il soit servi.

Signalons que l’Université de Kinshasa ne dispose pas d’un système de gestion des déchets traçables. Tous les déchets issus de ces malewa sont jetés sans tri dans les environs, provoquant ainsi des nuisances olfactives ou des odeurs nauséabondes. Ce qui fait perdre l'envie d'y revenir pour certains étudiants et non étudiants trop exigeants. 

En dehors des déchets  biodégradables, on trouve également des déchets non biodégradables comme les plastiques autour de ces malewa, tout comme sur la grande partie du site universitaire, imperméabilisant malheureusement le sol.

Bienfait Luganywa