Procès BBC Afrique contre Jacques Matand : " Ce média tente de changer intelligemment les motifs de licenciement basé sur la plainte du Rwanda" (Me Ciré Clédor)

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La prochaine audience dans l'affaire de licenciement abusif opposant la direction de BBC Afrique à son ancien journaliste, Jacques Matand' Diyamby, aura lieu le 5 juillet 2021, au Tribunal de Dakar.

C'est l'avocat de ce journaliste d'origine congolaise, Me Ciré Clédor Ly, qui l'a confirmé. Il accuse la BBC Afrique de tenter de noyer le procès en changeant « intelligemment » les motifs de licenciement de son client basé sur la plainte du Rwanda, après avoir diffusé une interview sur l'Opération Turquoise.

Au cours de l'audience du mercredi 9 juin dernier, la direction de BCC Afrique a allégué que Jacques Matand' avait été licencié après un message Watsapp envoyé par une autorité Rwandaise à un des responsables de ce média à Londres, suivi d'un appel téléphonique.

Pour Me Ciré Clédor Ly, cette version des faits est très loin des termes de la lettre de licenciement qui se fondait sur la plainte du Gouvernement Rwandais qui accusait la BCC d'avoir été injuste, biaisée et inexacte et indiquait qu'il se réservait le droit de prendre des sanctions contre la chaîne.

Dans dans cette lettre de licenciement, soutient ce juriste, la BBC reprochait à Jacques Matand' Diyamby le non-respect des lignes directives de la politique éditoriale globale de la chaîne.

Selon ce média, le concerné aurait décidé, de son propre gré et à l'insu de ses supérieurs, de procéder à l'interview du professeur Charles Onana sur l'opération Turquoise et diffusé l'interview.

Pour Me Ciré Clédor Ly, son client a bel et bien respecté la procédure journalistique requise. Il a présenté le sujet au Conseil de rédaction, instance première de décision dans un organe de presse, qui l'a adopté au regard de son caractère informationnel.

Pour preuve,  a-t-il martelé, l'interview a été diffusée trois fois durant plus de deux mois sur la radio et est restée sur le site de la BBC Afrique, sans qu'aucune protestation ne soit exprimée du côté de la direction de la radio qui était bien au courant de l'existence de cet élément sonore.

"C'est justement après l'appel d'une autorité Rwandaise que l'interview est devenue subitement controversée pour cette chaîne qui affirmait travailler avec professionnalisme et en toute indépendance. Aucune instance ou autorité ne peut porter atteinte au droit à l'information du public", conclu Me Ciré Clédor Ly.

Orly-Darel Ngiambukulu