RDC : un député demande au chef de l'État d'autoriser que des armes soient données à la population de Beni, Irumu, Djugu et Mambasa pour traquer les rebelles à l'instar de l'Ukraine

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Le député provincial, Promesse Matofali, a saisi les autorités congolaises au sujet de la persistance de l'insécurité dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu et de l'Ituri, 2 provinces concernées par l'état de siège depuis 10 mois et par les opérations militaires mixtes FARDC-UPDF depuis près de 4 mois.

Dans une correspondance du 21 mars 2022 adressée à Félix Tshisekedi et dont les copies sont réservées à plusieurs autres responsables du pays, l'élu provincial du Nord-Kivu regrette que les efforts mis en oeuvre jusque-là n'aient pas permis de contenir la menace dans les territoires de Beni (Nord-Kivu), d'Irumu, Mambasa et Djugu (Ituri).

Le député rappelle par exemple qu'entre le 12 et le 14 mars dernier, 79 civils ont été tués dans cette contrée ; que plus de 2.068 personnes ont été abattues en la seule période de l'état de siège alors que 383 l'ont été depuis le début des opérations conjointes FARDC-UPDF.

Au regard de ce tableau sombre de la situation sécuritaire, Promesse Matofali demande à Kinshasa de permettre aux civils d'être munis d'armes à feu pour faire face à l'ennemi. 

« Que le gouvernement congolais examine la possibilité de doter les armes à la population des territoires où les massacres se poursuivent afin qu'elle puisse contribuer efficacement à la traque et l'anéantissement de ces massacreurs. Les armes doivent être bien identifiées et le nombre, bien déterminé. Les chefs des quartiers et des villages devront être chargés de faire le suivi et le contrôle chaque matin. Un entraînement de mois de 20 jours pourra permettre à cette population de bien manier les armes dotées », écrit-il.

Pour soutenir sa démarche, Promesse Matofali dit s'en tenir aux récentes déclarations des officiels dont les forces FARDC-UPDF, le ministre de la défense et le gouverneur militaire du Nord-Kivu pour qui, « les massacreurs sont désormais dispersés dans les montagnes de Ruwenzori et opèrent en petits groupes » devenus difficiles à localiser, en plus de la difficulté de placer « des militaires pour chaque maison, dans tous les villages ».

Il est à rappeler que plusieurs agglomérations du Nord-Kivu et de l'Ituri sont restées sous la menace des rebelles nationaux et étrangers. Les Allied democratic forces (ADF) et les CODECO sont responsables de nombreuses atrocités dans les 2 provinces.

Isaac Kisatiro