RDC : Des journalistes de Kinshasa et du Kongo-Central s'engagent à sensibiliser les communautés sur les dangers des déchets plastiques dans la nature 

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26 journalistes travaillant dans les radios communautaires, les médias privés et médias en ligne, venus de Kinshasa et du Kongo-Central, ont achevé le mercredi 29 juin 2022 une formation sur la couverture des problématiques de pollution plastique en RDC.

Pendant 3 jours, cette formation organisée par  Internews, dans le cadre de son projet de développement du secteur des médias (MSDA), avec la fondation française TaraOcéan, a permis à ces chevaliers de la plume et du micro d'avoir suffisamment d'informations sur les dangers du plastique sur l'environnement et la santé humaine.

Estimant qu'ils ont été suffisamment armés sur les notions de la pollution plastique, ces journalistes se sont engagés d'éveiller, par leurs productions, leurs communautés respectives sur les dangers qu'elles courent en tolérant de cohabiter avec les déchets plastiques.

« Nous sortons de cette formation remplis des matières à aborder pour apporter des solutions au problème de pollution plastique. (...) nous avons pris l'engagement, à l'issue de cette formation, de jouer notre rôle de sensibilisateur des communautés à travers nos productions. Nous nous engageons en effet de relayer cette information dans nos différentes contrées », se sont-ils engagés dans dans une déclaration commune lue par Liliane Kwengo, journaliste de Radio-télé Boma.

Pour sa part, le formateur principal pendant ces 3 jours, Alfred Ntumba, a expliqué comment les plastiques lâchés dans la nature finissent dans le corps humain avec toutes les conséquences corollaires. Il a appelé les journalistes à marteler sur ce cycle dans leurs productions.

« Il y a aucun système de collecte ou même de recyclage qui a été mis en place dans notre pays. Même dans les ménages le système de tri n'existe pas. On se retrouve du coup entourés des bouteilles plastiques et autres emballages plastiques qui occupent plus ou moins 20% de déchets que nous produisons chaque jour », a expliqué ce journaliste spécialisé dans les questions environnementales.

Et d'ajouter : « Au fur et à mesure que ces déchets demeurent où ils sont, ils connaissent la défragmantation. En devenant des microplastiques, ces particules sont consommées même par les poissons dans l'eau en les confondant avec les planctons. En consommant ces poissons, automatiquement nous reconsommons ces plastiques. Voilà pourquoi il y a l'émergence des maladies comme le cancer, des maladies qui touchent le foie ou le poumon. Tout simplement parce que nous consommons des choses qui ne sont pas adaptées à notre organisme".

Quant à Karim Bernard-Dende, directeur pays d'Internews, il a déclaré qu'il est nécessaire que le débat sur la pollution plastique soit suscité au sein des communautés vu son impact négatif sur la santé.

"Cette problématique a déjà débordé et impacte même sur le climat via les océans et ça touche même la santé des citoyens congolais. Et donc, le rôle des médias est central dans ce combat pour, à la fois, faire prendre conscience aux citoyens congolais et pour qu'il y ait un débat qui puisse conduire à des solutions mises en place par les autorités. Ils ont maintenant des milliers d'idées pour produire un support ou organiser le débat au niveau local pour trouver des solutions à ce problème", a-t-il dit.

Intervenant le 1er jour de cette formation, le directeur scientifique de Tara Microplastiques et directeur de recherche du Centre national de recherche scientifique (CNRS - France), Jean-François Ghiglione, a déclaré qu'une étude a prouvé qu'il existe dans la nature des micro et nanoplastiques 100 à 100.000 fois plus nombreux que les grands microplastiques. 

A en croire ce scientifique, la même étude a prouvé que des particules de plastique ont été découvertes même dans les placentas des foetus en Europe.

Bienfait Luganywa