RDC : Début du procès en appel des présumés assassins des experts de l'ONU à la Haute Cour militaire

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La Haute Cour militaire a ouvert, le lundi 3 octobre 2022, le procès en appel des présumés assisins de deux experts de l'ONU, la suédoise Zaida Catalán et l’américain Michael Sharp, tués le 12 mars 2017, dans la province du Kasaï.

51 prévenus parmi lesquels, les anciens miliciens de Kamwina Nsapu ont été reconnus coupables de crimes de terrorisme, crimes de guerre par mutilation, meurtre, participation à un mouvement insurrectionnel, et condamnés à mort par la Cour militaire de l'ex province de Kasaï Occidental dans son arrêt rendu le 29 janvier 2022.

Le colonel Dieudonné Mambweni a été condamné à 10 ans de prison. Deux personnes ont été acquittées. Deux autres prévenus considérés comme mineurs au moment de la commission des faits et du prononcé ont été transférés au tribunal pour enfant. 

La peine de mort n'étant plus d'application en RDC depuis le moratoire de 2003, cette peine a été systématiquement commuée en condamnation à perpétuité.

Insatisfaits, les condamnés ont relevé appel. L'audience du 3 octobre a été consacrée à l'identification des prévenus. Sur un total de 55 personnes citées dans cette cause, 28 seulement se sont présentées devant la Cour parmi lesquelles, l'accusé principal le colonel Dieudonné Mambweni Lutete.

Pour mieux s'impreigner du dossier, la défense a sollicité et obtenu une remise à trois semaines en vue de bien s'impreigner du dossier. La prochaine audience est fixée au jeudi 27 octobre prochain.

Michael Sharp et Zaida Catalan avaient disparu le 12 mars 2017, alors qu'ils étaient au Kasaï pour enquêter sur des fosses communes liées au conflit armé qui avait éclaté dans la région après la mort du chef coutumier Kamwina Nsapu.

Les corps de ces deux experts de l'ONU avaient été retrouvés dans un village deux semaines après, le 28 mars 2017. Selon la version officielle, ils ont été exécutés dès le 12 mars 2017 par des miliciens de la secte Kamwina Nsapu. 

Un rapport des experts des Nations-Unies déposé au Conseil de sécurité a remis en cause cette version des faits. Il estime que ce double meurtre était un "guet-apens prémédité" et n'excluait pas l'implication des membres de la sécurité d'État.

Orly-Darel Ngiambukulu