L’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC) a officiellement lancé le processus d’audit technique et financier du Projet de coopération sino-congolais couvrant la période 2008-2024. L’annonce a été faite vendredi 6 mars 2026 à l’occasion d’une conférence de presse organisée à l’Hilton Kinshasa.
Selon une dépêche de la cellule de communication de l’APCSC parvenue à 7SUR7.CD, cette initiative marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de la République démocratique du Congo de renforcer la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources naturelles ainsi que dans le suivi des partenariats stratégiques conclus par le pays.
Devant la presse nationale et internationale, le Directeur général de l’APCSC, Freddy Yodi Shembo, a présenté les grandes lignes de l’outil technique et financier conçu pour conduire cette mission d’audit.
Selon lui, cet instrument constitue un cadre méthodologique structuré permettant d’analyser de manière globale les dimensions techniques, financières et opérationnelles du programme de coopération sino-congolais depuis sa mise en œuvre en 2008.
L’audit devra notamment procéder à une évaluation approfondie de l’exécution du projet sur toute la période concernée, mettre à jour et certifier les ressources minérales engagées dans le partenariat, vérifier la fiabilité et la cohérence des données géologiques disponibles et analyser la performance globale du programme, en particulier dans ses volets minier et infrastructurel. L’objectif est également d’obtenir une vision claire des ressources mobilisées et des résultats effectivement obtenus dans le cadre de ce partenariat stratégique.
Pour l’APCSC, cette démarche s’inscrit dans les standards internationaux de gouvernance des ressources naturelles, où la transparence, l’évaluation et la redevabilité constituent désormais des exigences fondamentales.
Au cours des échanges avec les journalistes, plusieurs questions ont porté sur l’opportunité de cet audit, intervenant près de deux décennies après le lancement du partenariat sino-congolais. En réponse, Freddy Yodi Shembo a précisé que cette mission d’évaluation ne relève pas d’une initiative circonstancielle de l’APCSC. Elle découle plutôt de l’application des dispositions prévues dans l’Avenant n°5 à la convention de collaboration signé en 2023 entre la République démocratique du Congo et ses partenaires chinois.
Cet avenant prévoit expressément la réalisation d’un audit global afin de renforcer les mécanismes d’évaluation et d’assurer une meilleure gouvernance du partenariat. Selon le Directeur général de l’Agence, cette démarche traduit une volonté commune des deux parties de consolider la transparence et la crédibilité du programme.
Face aux interrogations concernant d’éventuelles poursuites visant les acteurs ayant participé à la gestion du projet depuis son lancement, le Directeur général de l’APCSC a tenu à clarifier la nature de la démarche. Il a souligné que l’audit n’a pas pour objectif de rechercher des responsabilités individuelles ni d’alimenter une logique de poursuites.
Il a expliqué que l’objectif principal consiste à établir une photographie fidèle de l’évolution du partenariat depuis 2008 afin de disposer d’une évaluation objective du cadre global de coopération avec les partenaires chinois. Toutefois, il a ajouté que si des faits susceptibles de constituer des irrégularités ou des actes répréhensibles venaient à être identifiés au cours de l’exercice, ceux-ci seraient traités conformément aux mécanismes institutionnels et aux règles de droit en vigueur.
Au-delà de son aspect technique, cette initiative vise également à renforcer la lisibilité et la crédibilité du partenariat sino-congolais. Les résultats attendus de l’audit devraient permettre d’améliorer la visibilité des engagements et des réalisations du programme, de renforcer la confiance dans la gouvernance du partenariat et de fournir aux autorités congolaises des données techniques et financières fiables pour orienter les décisions stratégiques futures.
L’exercice devrait également contribuer à garantir une meilleure équité dans l’exploitation et la valorisation des ressources naturelles engagées dans ce partenariat.
Le lancement de cet outil technique et financier constitue ainsi une étape importante dans l’évolution du dispositif de suivi du Projet de coopération sino-congolais. À travers cette initiative, l’APCSC, établissement public placé sous la tutelle de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, entend inscrire son action dans une logique renforcée de transparence, d’évaluation rigoureuse et de redevabilité institutionnelle.
Cette démarche s’inscrit également dans la vision de gouvernance promue par le Président de la République, Félix Tshisekedi, visant à consolider les mécanismes de gestion stratégique des ressources naturelles au service du développement de la République démocratique du Congo.
Chançard Sindani