Sud-Ubangi : le gouverneur mis en accusation par l'Assemblée provinciale notamment pour détournement des deniers publics

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Le gouverneur de la province du Sud-Ubangi, Michée Mobonga Lobo a été mis en accusation par l'Assemblée provinciale pour manquement grave à ses obligations constitutionnelles et réglementaires et détournement présumé des deniers publics.

Lors de la plénière du lundi 29 décembre dernier, 15 députés provinciaux sur les 20 présents dans la salle, ont voté pour la mise en accusation du gouverneur Michée Mobonga Lobo. Ce dernier est accusé d'avoir manqué à ses obligations constitutionnelles et réglementaires et d'avoir détourné des milliards de francs congolais du trésor public pour les utiliser à des fins privées.

L'Assemblée provinciale du Sud-Ubangi motive sa décision par « le refus délibéré du gouverneur Mobonga de répondre à la question orale avec débat du député Malumba, le refus de présenter et de défendre le projet de budget exercice 2026 ainsi que la présentation du rapport d'exécution à mi-parcours du budget 2025 et le détournement présumé des déniers publics dont il est reproché d'en être auteur.

« Considérant que le refus délibéré de répondre à une question orale avec débat constitue une violation grave des obligations constitutionnelles et réglementaires du gouverneur envers l'organe délibérant ; Considérant que le refus de présenter et de défendre le budget provincial ainsi que les redditions de compte porte atteinte aux principes de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance ; Considérant la gravité des faits de détournement présumé des deniers publics notamment un montant de 285 millions CDF équivalant à 100.000 USD versé au compte de madame Lylie Masikini (...) pour l'achat à titre privé d'une concession sise au Centre Commercial, un montant de 500 millions CDF détourné à la Direction générale des recettes du Sud-Ubangi, DGRSUB en sigle, un montant de 10 milliards CDF provenant des taxes d'embarquement de l'exercice 2025 utilisé à des fins privées, un montant de 252 millions CDF reçu comme prime lors des évaluations de l'année scolaire 2024-2025 », lit-on dans le motif de cette résolution de mise en accusation du gouverneur Mobonga.

 

Et de poursuivre : 

« Considérant que ces faits s'ils sont établis constituent un manquement grave à la loi, à l'éthique publique et aux devoirs liés à sa charge de gouverneur de province, sur proposition des honorables députés provinciaux après débat et délibération, adopte la résolution dont la teneur suit : article 1er : l'Assemblée provinciale du Sud-Ubangi met en accusation le gouverneur de la province du Sud-Ubangi Mobonga Lobo Michée pour manquement à ses obligations constitutionnelles légales et règlementaires ; article 2 : les faits reprochés au gouverneur portent notamment sur le refus délibéré de répondre à la question orale avec débat du 27 novembre 2025, le refus de présenter et de défendre le budget provincial ainsi que les redditions de comptes en date du 10 et 12 décembre 2025, des faits présumés de détournement des deniers publics tels que détaillés dans le motif de la présente résolution ».

En réaction, le gouverneur Mobonga Lobo qui clame son innocence, a dans un point de presse le 31 décembre dernier, indiqué que sa «  mise en accusation par l'Assemblée provinciale est un coup d'épée dans l'eau ».

La mise en accusation de Michée Mobonga Lobo fait suite au contrôle parlementaire effectué par l'Assemblée provinciale du Sud-Ubangi dans les établissements publics de l'État dont le gouvernorat de ladite province et la Direction générale des recettes du Sud-Ubangi.

Rappelons que les relations entre l'Assemblée provinciale et l'exécutif provincial du Sud-Ubangi ne sont pas au beau fixe depuis l'avènement de Malachie Adugbia à la tête de la première institution politique provinciale. Le gouverneur Mobonga accuse le Président de l'Assemblée provinciale de bloquer la réintégration de 5 députés provinciaux réhabilités par la Cour constitutionnelle. Des allégations rejetées par Malachie Adugbia qui précise que la question de la réintégration de ces 5 députés bénéficiaires des arrêts de la Haute Cour était reprise dans le calendrier de la session de Septembre et qu'une Commission a même été constituée pour cette fin en vue de leur réintégration.

César Augustin Mokano Zawa, à Gemena