Face aux polémiques relayées sur certains plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux, une source proche du ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, apporte des clarifications sur l’injonction récemment adressée au Parquet concernant des soupçons de corruption au ministère des Finances.
Selon cette source, cette démarche ne repose ni sur des rumeurs ni sur des « fake news », mais sur des faits « réels et récents », et s’inscrit strictement dans la mission du ministère de la Justice de lutter contre la corruption et les antivaleurs.
Les faits évoqués publiquement par certains commentateurs remonteraient à plus de trois mois, alors que l’injonction du ministre de la Justice concerne des éléments « nouveaux et distincts », précise cette source. Il s’agirait, soutient-elle, de la seule injonction donnée par le ministre Guillaume Ngefa au Parquet dans ce dossier précis.
La source écarte également toute thèse de conflit entre le ministre de la Justice et celui des Finances, soulignant que les deux responsables entretiennent de bonnes relations institutionnelles et que l’initiative judiciaire ne vise ni une personne ni une institution en particulier.
Sur le plan juridique, rappelle-t-on, le classement antérieur d’un dossier par le Parquet reste une décision administrative pouvant être légalement réexaminée en présence d’éléments nouveaux. La source évoque, en outre, des pratiques de « pourcentage » devenues courantes au sein du ministère des Finances et dans d’autres administrations publiques, « une réalité connue de ceux qui ont dû assurer le suivi de leurs dossiers pour obtenir des paiements ».
Pour l’entourage du ministre Guillaume Ngefa, ce qui dérange aujourd’hui n’est pas l’injonction elle-même, mais la détermination affichée du ministre à lutter contre la corruption, les antivaleurs, la fraude minière et les réseaux mafieux, notamment ceux liés au phénomène des folioman.
Il souligne que cette fermeté s’est particulièrement illustrée dans le dossier de la pension alimentaire des prisonniers, où une anomalie de 30 % non justifiée a été constatée à son arrivée. Cette situation a conduit à une décision concertée avec le ministère des Finances de ne décaisser que 70 % des montants, contre 100 % auparavant, soulevant la question de l’utilisation réelle des fonds non employés.
Le ministre de la Justice avait échangé avec son collègue des Finances avant de donner injonction au Parquet, afin d’écarter toute lecture d’un acte unilatéral. De plus, depuis l’arrivée de Guillaume Ngefa à la tête du ministère de la Justice et Garde des Sceaux, la gestion des fonds destinés à la restauration des prisonniers est désormais assurée par l’administration de la Justice, alors qu’auparavant elle relevait d’une conseillère du ministre, renforçant ainsi la traçabilité et la transparence dans la gestion des deniers publics, souligne notre source.
Sandrine Fundi