RDC – Sécurité énergétique des zones minières : Sakombi Molendo sollicite la réhabilitation de 17 centrales hydroélectriques inexploitées

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Un plaidoyer pour la réhabilitation des centrales abandonnées

Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Sakombi Molendo, a sollicité, au cours de la 74ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 9 janvier dernier, l’accompagnement du gouvernement en vue de la réhabilitation de 17 centrales hydroélectriques privées en faillite ou actuellement inexploitées.

Cette initiative vise à renforcer la sécurité énergétique dans les zones minières, à améliorer l’accès à l’électricité des populations locales, à valoriser les actifs publics existants et à réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Un modèle économique fondé sur les partenariats public-privé

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le ministre a présenté un modèle économique fondé sur l’implication du secteur privé à travers des partenariats conformes aux dispositions réglementaires en vigueur, notamment par la conclusion de contrats IPP (Independent Power Producer).

Ce modèle permet à un investisseur privé d’assurer le financement, la réhabilitation et l’exploitation des installations, puis de revendre l’électricité produite à un « off-taker », opérateur public ou privé disposant d’un réseau de distribution, dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité.

Des contrats de concession à cycles renouvelables

À en croire Sakombi Molendo, ce mécanisme est à la fois efficace et pragmatique, en ce qu’il favorise la conclusion de contrats de concession, au terme desquels il sera procédé soit au renouvellement des concessions, soit à la remise des installations à l’État pour de nouveaux cycles contractuels.

Le ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas uniquement de la réhabilitation des infrastructures, mais également de la mise en œuvre d’actions concrètes et de recommandations techniques y afférentes.

Pioka-Tombe, un projet structurant avant Grand Inga

Dans le même élan, Sakombi Molendo a évoqué la problématique du développement du site hydroélectrique de Pioka-Tombe, situé dans la province du Kongo Central. Ce site dispose d’un potentiel minimal estimé à 6 450 MW, dont la mise en valeur permettrait d’optimiser la gestion hydraulique du fleuve Congo, de sécuriser en aval la côte d’exploitation et de répondre à des besoins énergétiques à court et moyen termes, avec des délais de réalisation nettement inférieurs à ceux du projet Grand Inga.

Des enjeux nationaux et régionaux majeurs

Abordant les enjeux liés à ce projet, le ministre a notamment souligné :

    •    la sécurisation durable de l’approvisionnement électrique de Kinshasa, dont le déficit structurel dépasse actuellement 1 000 MW et est appelé à s’aggraver ;

    •    le soutien à l’industrialisation nationale, en particulier dans le Kongo Central et dans les pôles industriels connectés au réseau Inga ;
    •    l’optimisation du schéma global de développement du fleuve Congo, en préparant techniquement et stratégiquement le déploiement de Grand Inga ;

    •    le positionnement de la RDC comme pilier énergétique régional, capable de répondre à la demande nationale et aux opportunités d’exportation à moyen et long termes.

Vers l’actualisation des études et la mobilisation des financements

À cet effet, Sakombi Molendo a sollicité l’approbation du gouvernement sur le principe du développement de ce projet hydroélectrique, ainsi que les habilitations nécessaires, notamment pour le recrutement d’une firme chargée de l’actualisation des études de faisabilité et pour la mobilisation des ressources financières indispensables.

Une feuille de route progressive et structurée

L’approche retenue prévoit, entre autres, la récupération des études existantes, l’organisation de campagnes de mesures topographiques, la réalisation des études de préfaisabilité, puis des études de faisabilité et d’avant-projet détaillé, ainsi que la structuration du cadre institutionnel et financier du projet.

Junior Ika