Mongala : auprès de Tshisekedi, le camp Bokumwana accuse le vice-gouverneur Ayaka Kuma de multiplier les conflits institutionnels

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Les avocats du vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana Maposo, ont saisi, à travers un mémorandum consulté ce vendredi par 7SUR7.CD, le président de la République pour contester les accusations formulées par le vice-gouverneur de la Mongala, Cédric Ayaka Kuma.

Dans leur document de « mise au point et rétablissement de la vérité », ils estiment que l'autorité provinciale tente de faire porter à leur client la responsabilité de ses déboires judiciaires et politiques.

Au cœur de cette affaire, figure le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation ayant conduit l'Assemblée provinciale de la Mongala à autoriser des poursuites contre le vice-gouverneur. Dans son mémorandum, Cédric Ayaka Kuma dénonçait ce qu'il considère comme un acharnement orchestré par plusieurs personnalités politiques, parmi lesquelles le vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana. Une thèse rejetée en bloc par les avocats de ce dernier.

« Monsieur Cédric Ayaka Kuma atteste être en conflit avec la quasi-totalité de l'Assemblée provinciale de la Mongala, en ce qu'il affirme dans son mémorandum que le réquisitoire dont la traçabilité demeure floue jusqu'à ce jour a été voté avec célérité par 16 députés sur les 20 que compte l'Assemblée provinciale de la Mongala », écrivent-ils dans leur note adressée au chef de l'État.

Pour les conseils d'Élysée Bokumwana, les difficultés du vice-gouverneur dépassent largement le cadre de son différend avec le vice-ministre du Budget. Ils soutiennent que l'intéressé est en opposition avec plusieurs institutions de la République ainsi qu'avec différentes personnalités politiques.

« Monsieur Cédric Ayaka Kuma avoue être en conflit avec le Gouvernement central en ce qu'il s'attaque directement et personnellement à la personne du vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, Son Excellence Jacquemain Shabani Lukoo, en affirmant dans sa note que sa déchéance ayant échoué, après plusieurs tentatives, il fut invité et bloqué à Kinshasa pendant quatorze mois, sans raison valable », soulignent les avocats.

Le document soutient également que le vice-gouverneur entretient un contentieux ouvert avec la justice, l'Assemblée provinciale de la Mongala, le gouvernement provincial ainsi qu'avec plusieurs personnalités nationales.

Concernant les accusations dirigées contre Élysée Bokumwana, les avocats citent notamment un extrait du mémorandum dans lequel leur client est directement mis en cause.

« C'est ainsi que le 15 juillet 2025, en violation flagrante de la Constitution et des lois de la République, Monsieur Élysée Bokumwana, vice-ministre du Budget du Gouvernement de la République, poussera l'Assemblée provinciale de la Mongala à convoquer illégalement une session extraordinaire de quelques heures dans l'unique but de voter en faveur du réquisitoire », affirme Cédric Ayaka Kuma dans le mémorandum contesté.

Le camp Bokumwana rejette catégoriquement cette accusation et considère que le vote de l'Assemblée provinciale relève d'une procédure institutionnelle indépendante de toute influence politique.

Au-delà de la contestation des accusations formulées contre leur client, les avocats consacrent plusieurs pages à retracer le parcours de Cédric Ayaka Kuma. Ils évoquent notamment diverses procédures judiciaires, des condamnations passées et plusieurs affaires qu'ils estiment révélatrices de la personnalité du vice-gouverneur.

Une bataille politique et judiciaire portée jusqu'au sommet de l'État

Cette passe d'armes intervient dans un contexte de fortes tensions au sein de la province de la Mongala. Depuis plusieurs mois, les relations entre le vice-gouverneur, l'Assemblée provinciale et certaines autorités nationales se sont progressivement détériorées sur fond de procédures judiciaires et de rivalités politiques.

Le mémorandum adressé par Cédric Ayaka Kuma au président de la République visait à dénoncer ce qu'il considère comme une série d'injustices et de manœuvres dirigées contre sa personne. En réponse, le camp Bokumwana entend convaincre le chef de l'État que les poursuites engagées contre le vice-gouverneur résultent d'un processus judiciaire normal et non d'une cabale politique.

Cette confrontation par mémorandums interposés place désormais le président de la République au centre d'un dossier mêlant accusations politiques, contentieux judiciaires et rivalités de pouvoir dans la province de la Mongala.

MD