Le président de la République, Félix Tshisekedi, a enjoint son gouvernement à produire un plan de relance « actualisé, réaliste et rigoureusement encadré » de la compagnie aérienne Congo Airways.
Selon le compte rendu du 83ᵉ Conseil des ministres, lu, vendredi dernier, à la Télévision nationale par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, le chef de l’État a lui-même reconnu une situation «préoccupante » de Congo Airways.
D’après lui, la compagnie demeure confrontée à de « graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable ».
« Situation préoccupante de Congo Airways. À ce sujet, le président de la République a reçu le rapport de la mission d’enquête mixte composée de l’Inspection générale des finances (IGF), du Conseil supérieur du portefeuille et de l’Autorité de l’aviation civile, diligentée auprès de Congo Airways en décembre 2025. Cette mission avait pour objet d’examiner les faits dénoncés par le collectif de ses agents et d’évaluer la régularité, la conformité ainsi que la performance de la gestion administrative, financière et opérationnelle de l’entreprise.
Il ressort de ce rapport que, malgré les efforts engagés dans le cadre du plan d’urgence de relance — financé sur instruction du président lors de la 111ᵉ réunion du Conseil des ministres du 15 septembre 2023 et évoqué à la troisième réunion du 28 juin 2024 — Congo Airways demeure confrontée à de graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable », rapporte ce document.
À en croire la même source, cette détérioration expose l’État actionnaire à « des risques juridiques, financiers et réputationnels élevés ».
« Cette détérioration expose l’État actionnaire à des risques juridiques, financiers et réputationnels élevés. Elle est d’autant plus préoccupante qu’en l’absence d’une planification rigoureuse et d’un renforcement substantiel de la gouvernance, elle pourrait compromettre le processus de renouvellement de la flotte aérienne récemment acquise par la Caisse nationale de sécurité sociale.
À ce sujet, toute la lumière devra être faite sur les modalités d’acquisition des financements et de capitalisation au sein de Congo Airways. Il est également attendu que l’État congolais s’acquitte de ses obligations financières envers l’entreprise en procédant au paiement des droits dus, afin de lui permettre de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance », ajoute le même compte rendu.
Par ailleurs, il précise que le président de la République a chargé le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de communication, le ministre des Finances ainsi que la ministre du Portefeuille de produire un plan de relance « actualisé, réaliste et rigoureusement encadré sur le plan financier ».
« Tirant les conséquences de ces conclusions, le président de la République a chargé le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de communication, le ministre des Finances ainsi que la ministre du Portefeuille, sous la supervision de la Première ministre et avec le concours des autres ministères et organismes publics concernés, de produire un plan de relance actualisé, réaliste et rigoureusement encadré sur le plan financier. Ce plan devra être assorti de mécanismes clairs de contrôle interne, de conformité réglementaire, d’audit approfondi, de gestion des ressources humaines et de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire », indique le compte rendu.
Enfin, il explique que ces instruments devront constituer « le socle d’une restructuration profonde et cohérente de la gouvernance managériale de Congo Airways », en vue de restaurer « la discipline de gestion, de renforcer la recevabilité des dirigeants, d’améliorer la transparence dans la prise de décision et d’aligner les pratiques internes sur les standards de bonne gouvernance ».
Raphaël Kwazi