Kinshasa : la VSV demande la suspension des factures d’eau et d’électricité dans les zones non desservies

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La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a appelé, ce lundi 30 mars 2026 à Kinshasa, la SNEL et la REGIDESO à suspendre l’émission des factures dans les quartiers privés d’eau et d’électricité, « jusqu'à la reprise effective de la desserte ».

Dans une déclaration lue devant la presse, le deuxième directeur exécutif adjoint de cette organisation de défense des droits humains, Pierre Serge Ntumba, dénonce une pratique qu’elle juge abusive, consistant à faire payer des services non rendus et à exercer des pressions sur les abonnés pour les contraindre à régler des consommations inexistantes.

« La VSV dénonce l'envoi à la fin du mois des factures à des clients qui n'ont rien consommé le mois, voire des mois, et l'obligation de payer de l'eau ou de l'électricité non consommée sous divers prétextes. Elle dénonce également des intimidations, notamment de déconnexion, de déterrement des tuyaux, des câbles pour contraindre une population démunie à payer ce qu'elle n'a pas consommé », a-t-il déploré.

Selon la VSV, la crise touche plusieurs communes de Kinshasa où l’accès à l’eau et à l’électricité est quasi inexistant ou très irrégulier.

« Dans la commune de Makala, des quartiers comme Uele, Mfidi, Kisantu, Lemba-Village, Bagata ou Makasi sont privés d’eau et d’électricité depuis de longs mois. À Selembao, les quartiers Ngafani, Herady, Camp Ping et Mbala connaissent la même situation. À Kisenso, Mbuku, Amba, Révolution, Regideso, Kabila, Ngomba et Kumba n’ont plus accès à l’eau potable depuis plus d’un mois. À Mont-Ngafula, Masanga-Mbila est privé d’eau depuis plus de cinq ans et Mazamba depuis plusieurs mois, tandis qu’à Kasa-Vubu, les habitants du quartier Anciens Combattants sur les avenues Lisala, Gemena et Bosobolo vivent la même pénurie. Dans la commune de Kalamu, les avenues Buburu, Bukeye, Boyera, Bonzene, Lukutu, Bomenge, Mabinza, Wahanga, Mokariya, Kimbongo Kitona, Ezo, Pangu, Mokaria, Watsa, Bukavu ainsi que les quartiers Matonge, Yolo-Sud, Yolo-Nord et Kauka sont privés d’électricité depuis de nombreux mois », dénonce l'ONG.

Elle met également en garde contre les conséquences sanitaires et sécuritaires de cette situation.

« La VSV craint de voir dans l'avenir la population être dangereusement et régulièrement exposée aux maladies d'origine hydrique consécutives au manque d'eau potable, d'une part. D'autre part, le manque d'électricité expose très souvent la même population à l'insécurité caractérisée, entre autres, par la montée du banditisme urbain, le braquage, l'extorsion et même par les assassinats, les viols favorisés par l'obscurité due au manque permanent d'électricité», souligne la déclaration.

Tout en prenant acte des explications des responsables de la SNEL et de la REGIDESO notamment le non-paiement des factures par les services publics, la vétusté des installations, le vandalisme ou les constructions anarchiques, la VSV estime que ces problèmes relèvent surtout d’un manque de responsabilité de l’État.

« Il s'avère que les problèmes évoqués et qui sont à la base de manque d'eau et d'électricité dans beaucoup de quartiers sont très solvables si l'Etat congolais prenait au sérieux ses responsabilités pour mieux s'occuper de sa population régulièrement dans tous les secteurs de la vie », souligne la VSV.

Outre la suspension immédiate des factures dans les zones non desservies, l’ONG recommande également à la SNEL et à la REGIDESO d’adapter les factures mensuelles à la desserte réellement fournie aux abonnés et insiste sur la nécessité de mesures urgentes pour améliorer durablement l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans la capitale.

Merveil Molo