Faute de temps, le Tribunal de grande instance de Kinkole n’a pas pu clôturer, à l’audience de, ce lundi 30 mars 2026, le dossier du docteur David Balanganayi, poursuivi pour coups et blessures infligés à sa patiente, Dorcas Moya, qui venait d’accoucher.
Les juges ont renvoyé la cause au mercredi 1er avril prochain. Selon le président de la composition, cette audience sera la dernière dans cette affaire. Elle sera consacrée aux plaidoiries des avocats de la défense, aux conclusions des parties civiles, au réquisitoire du ministère public ainsi qu’au prononcé du jugement.
Réagissant aux propos des avocats des parties civiles, opposés à une instruction menée avec célérité, le Tribunal a rappelé à toutes les parties qu’il s’agit d’une affaire pénale traitée en procédure de flagrance, laquelle exige rapidité et efficacité.
Le président du Tribunal a par ailleurs exigé la comparution personnelle de la victime, Dorcas Moya, à l’audience du 1er avril 2026, afin qu’elle puisse apporter des éclaircissements avant la clôture des débats.
La partie civile a profité de cette occasion pour solliciter — et obtenir — que la République démocratique du Congo, en sa qualité d’employeur du docteur David Balanganayi, comparaisse à la prochaine audience en tant que civilement responsable.
Cette deuxième audience, tenue le lundi 30 mars, a été riche en révélations et en émotions. Un moment marquant a particulièrement retenu l’attention : le prévenu, David Balanganayi, a fondu en larmes en tentant d’expliquer aux juges que son geste visait uniquement à sauver une vie humaine, ce qui, selon lui, a effectivement été accompli. C’est d’ailleurs sur cette séquence empreinte d’émotion que l’audience s’est achevée.
Le docteur Balanganayi a été rejoint par des membres de sa famille ainsi que par plusieurs femmes présentes à l’audience, venues partager ce moment de recueillement.
L’audience a été essentiellement consacrée à la comparution du médecin directeur de l’Hôpital général de référence de Kinkole, José Lumengamu, ainsi que du médecin chef de staff, Samy Tessi.
Répondant aux questions des juges, le premier a affirmé qu’il n’est en aucun cas admissible pour un médecin de porter des coups à un patient, même en cas de refus de collaboration.
Évoquant l’état de nécessité, le médecin chef de staff a, quant à lui, saisi cette tribune pour présenter ses excuses à toutes les femmes de la République, à la suite de cette scène inédite survenue à l’hôpital.
Il convient de rappeler que ce procès fait suite à une vive indignation nationale provoquée par la diffusion d’une vidéo devenue virale, dans laquelle on voit un médecin asséner des coups à une femme allongée sur un lit d’hôpital.
Selon les faits rapportés, la patiente, qui venait d’accoucher, souffrait d’une hémorragie importante. Elle refusait cependant toute intervention médicale.
Face à l’urgence et au risque élevé de décès, le médecin aurait eu recours à la force dans le but de stopper l’hémorragie. In fine, la vie de la patiente a été sauvée.
ODN