Sud-Ubangi : lancement du Programme intégré de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts

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La province du Sud-Ubangi a perdu 623 000 hectares de forêts entre 2000 et 2019, en raison de l’agriculture itinérante sur brûlis, de l’exploitation incontrôlée du bois, ainsi que de feux de brousse. Cette déforestation a fragilisé la biodiversité, augmenté les émissions de gaz à effet de serre - responsables du réchauffement climatique - et mis en péril les moyens de subsistance des communautés qui dépendent des ressources forestières pour vivre.

C’est dans ce cadre que le Programme intégré de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (PIREDD) a été lancé officiellement, vendredi dernier, dans la province du Sud-Ubangi. Ce projet, qui sera mis en œuvre par l’Agence belge de coopération internationale (Enabel), vise à protéger les ressources naturelles, renforcer la gouvernance locale et appuyer un développement agricole durable, en vue d’offrir aux communautés des conditions de vie meilleures.

En clair, le PIREDD entend réduire la déforestation avant qu’elle ne devienne une crise écologique et sociale, grâce à des actions déployées dans les quatre territoires de la province du Sud-Ubangi. Le programme s’articule sur 4 axes :

- Renforcement de la gouvernance locale pour une meilleure gestion des ressources naturelles ; 
- ⁠Élaboration des plans d’aménagement du territoire de manière concertée ;
- ⁠Assurance de la gestion durable des forêts dont la protection de 76 300 hectares et des actions de reboisement ;
- ⁠Promotion d’une agriculture familiale et entrepreneuriale durable.

Le gouverneur intérimaire du Sud-Ubangi, Jean-Réné Galekwavundawe, qui a lancé les travaux, a affirmé que le PIREDD va aider la province à mettre en place les systèmes d’exploitation durable de l’agriculture. Il a invité tous les acteurs et les intervenants pour atteindre les objectifs assignés.

« C’est comme ça que nous lançons l’appel aux acteurs et animateurs de ce projet. Le mécanisme de suivi sera mis en place de telle sorte qu’à chaque étape nous allons nous assurer que nous ne nous égarons pas trop des objectifs assignés. Ce que j’ai envie de dire ici , c’est rappeler notre responsabilité collective dans la possibilité d’atteindre les résultats. Ce n’est pas seulement l’affaire d’Enabel qui va exécuter, c’est l’affaire de nous tous. Chacun , à son niveau, devrait jouer son rôle. C’est l’occasion pour moi ici de dire merci à Enabel, aux partenaires techniques et financiers, à CAFI pour cet appui apporté à notre province et qui s’aligne effectivement sur la politique du Gouvernement provincial », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le représentant du FONAREDD qui intervient dans la chaîne de financement du PIREDD/Sud-Ubangi, a indiqué que ce programme constitue une opportunité de renforcer l’efficacité, la cohérence et l’impact des interventions sur le terrain.

« À ce titre, il constitue un levier essentiel pour concilier les impératifs de développement économique, la lutte contre la pauvreté et la préservation de nos ressources forestières. Cependant, il est de notre responsabilité collective d’aborder cette nouvelle phase avec lucidité au sens strict », a souligné Cédric Ilunga wa-Kabuaya.

L’agence belge, qui met en œuvre ce projet, a réaffirmé son engagement à contribuer au développement des communautés locales et à la préservation des écosystèmes en RD Congo.

« Le PIREDD/Sud-Ubangi est une opportunité unique pour construire un modèle de gestion durable des ressources naturelles, tout en favorisant un développement économique inclusif. Enabel, avec ses partenaires, est pleinement engagée dans cette démarche et contribue au développement des communautés locales et à la préservation des écosystèmes. Le PIREDE/Sud-Ubangi va jouer un rôle crucial et un rôle de levier stratégique pour le développement agricole durable, la préservation de l’environnement et appuyera plusieurs initiatives clés pour protéger les forêts au Sud-Ubangi, l’aménagement du territoire, la protection et la régénération des forêts , le développement des systèmes agroforestiers et finalement l’exploitation durable du bois, de l’énergie ou encore la promotion des cultures telles que le café, le cacao… », a laissé entendre Janssens Inge, représentante de la directrice - pays d’Enabel.

Financé à hauteur de 25 millions de dollars américains par le CAFI via le FONAREDD, le PIREDD/Sud-Ubangi sera mis en œuvre par Enabel entre 2026 et 2030, en collaboration avec les autorités provinciales, les services techniques , les ONG locales et les communautés. Il fait suite à un projet similaire réalisé dans la province dans le cadre du Projet d’appui à la réhabilitation et à la relance du secteur agricole (PARRSA), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre entre 2018 et 2021.

Prince Mayiro