La Cour d’appel de Lomami a rendu un verdict, le 17 avril 2026, en faveur de la légalité et de la stabilité sociale des chefs coutumiers à Kabinda.
Par ses ordonnances n° ROR 024 et 025, la Haute juridiction a ordonné la suspension des effets d'un acte administratif provincial qui bouleversait la hiérarchie coutumière locale. Cette décision fait suite aux requêtes de John Ngoyi Katenta Mpiani Kiungu V et de Miteo Kabuika Crispin, dont la défense aurait démontré les failles majeures d'un tableau récapitulatif des chefs de chefferies approuvé par le gouverneur de la province Iron Kalombo.
L'argumentation de Maître Senghor Nsenga Nsenga a laissé croire qu'il s'agit d'une situation explosive sur le terrain. Selon lui, l'urgence de cette suspension était dictée par un risque imminent de troubles à l'ordre public, causé par la coexistence de plusieurs prétendants aux mêmes fonctions.
Cette confusion administrative menaçait directement la paix sociale dans les groupements concernés, et a pourtant rendu l'intervention de la justice indispensable pour clarifier la situation des autorités légitimes.
Sur le fond, la Cour d'appel de Lomami a relevé des irrégularités manifestes qui ont entaché la légalité de l'acte attaqué. Dans le groupement de Balaa, l'administration avait désigné un individu sans qualité au détriment du titulaire régulièrement reconnu et en fonction depuis une décennie.
Plus grave encore, dans le groupement de Bena Tshizubu, la désignation d'un individu frappé d'une condamnation pénale définitive a été jugée comme une violation directe de la loi portant statut des chefs coutumiers, laquelle exige une moralité irréprochable.
En reconnaissant le bien-fondé de ces moyens, la Cour d'appel de Lomami a stoppé net l'exécution de ces désignations contestées.
Benjamin Kambadi, à Kabinda