Forum sur le financement de l'éducation : Raïssa Malu pour un système éducatif résilient face aux crises

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Le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a procédé, ce jeudi 30 avril 2026, à la clôture des travaux du segment politique consacré à la mobilisation de financements durables pour la transformation du système éducatif et de la formation en République démocratique du Congo, au nom de la Première ministre.

Dans son allocution, il a indiqué que ces trois journées de travaux, « riches en propositions », ont permis de confronter l’ambition du gouvernement de bâtir un capital humain transformé à la réalité d’un déficit structurel de financement estimé entre 500 et 900 millions de dollars américains par an.

« Ces chiffres mesurent la distance qui sépare la promesse constitutionnelle de la gratuité de son application effective dans chaque salle de classe du pays. Les orientations dégagées durant ces travaux dépassent la seule ingénierie sectorielle. Elles dessinent l’architecture du capital humain dont notre nation a besoin pour conquérir sa souveraineté économique, diversifier ses chaînes de valeur et s’imposer dans la compétition régionale et mondiale. La stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation 2026-2030, qui prendra appui sur la Déclaration de Kinshasa, devra traduire cette ambition en arbitrages assumés », a déclaré Daniel Mukoko Samba.

Prenant la parole bien avant ce dernier, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a affirmé que le système éducatif congolais doit devenir plus résilient, capable de fonctionner même en situation de crise.

Elle a décliné les six orientations stratégiques retenues à l’issue de ces assises, lesquelles guideront l’action de son ministère sur la période 2026-2030. La première orientation consiste à recentrer le système sur les apprentissages et la qualité.

« Nous devons changer de logique : ne plus seulement compter les enfants à l’école, mais garantir ce qu’ils y apprennent. Cela suppose des programmes effectivement mis en œuvre, des manuels disponibles, un accompagnement pédagogique réel et des évaluations utiles. Le numérique éducatif doit également être mobilisé comme levier d’accès aux ressources, d’accompagnement des enseignants et d’amélioration des apprentissages, en tenant compte de nos réalités », a-t-elle expliqué.

La deuxième orientation vise à consolider la gratuité de l’enseignement de base tout en renforçant la fonction enseignante. Elle implique, selon la ministre, une meilleure planification, un meilleur équipement et un financement accru, tout en replaçant l’enseignant au centre du système.

La troisième orientation porte sur le développement des compétences pour l’économie. La ministre a insisté sur la nécessité d’adapter le système éducatif aux besoins du marché de l’emploi.

« La formation professionnelle doit changer d’échelle et se rapprocher de l’économie réelle : former aux métiers utiles, travailler avec les entreprises et valoriser les compétences. Le secteur privé doit être considéré comme un partenaire de formation, d’innovation et d’insertion, et non comme un simple contributeur financier », a-t-elle martelé.

La quatrième orientation concerne l’inclusion. Pour Raïssa Malu, l’éducation non formelle et l’alphabétisation doivent devenir une priorité, à travers des solutions simples, accessibles et concrètes.

La cinquième orientation vise à préparer le pays par la science, la recherche et l’innovation. Elle a souligné la nécessité de renforcer le système éducatif et de le connecter davantage aux besoins nationaux.

« Il s’agit de préparer notre souveraineté scientifique et technologique. Le partenariat avec les entreprises, les universités et les centres de recherche doit permettre de passer d’initiatives dispersées à des investissements structurants, alignés sur les priorités nationales », a-t-elle ajouté.

Enfin, la sixième orientation porte sur la refondation du pilotage du système.

« Aucune transformation durable n’est possible sans une gouvernance solide. Nous devons mieux coordonner, clarifier les responsabilités et nous appuyer sur des données fiables. Le financement doit être renforcé, mais surtout mieux utilisé », a-t-elle précisé, insistant également sur la digitalisation du système éducatif comme levier de transparence, d’efficacité et de redevabilité.

La clôture de ces assises a coïncidé avec la célébration de la Journée internationale de l’enseignement. Profitant de cette tribune, la ministre a adressé un message aux enseignants, aux parents et aux apprenants.

« En ce jour dédié à l’enseignement, je m’adresse d’abord aux enseignants : vous êtes au cœur de cette transformation. Sans votre engagement, aucune réforme ne produira d’impact. La nation vous soutient et compte sur vous. Aux parents, l’éducation est une responsabilité partagée. Aux élèves et étudiants, l’école doit vous préparer à comprendre le monde et à le transformer », a-t-elle conclu.

Ces assises ont également permis de poser les bases de la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026-2030), appelée à remplacer la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF 2016-2025).

ODN