La Coalition Article 64 (C64) a rejeté, ce lundi 27 juillet, les conclusions du rapport de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH-RDC) sur les violences survenues lors du sit-in du 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple. Tout en saluant la reconnaissance de graves violations des droits humains, la plateforme de l'opposition estime que le document comporte d'importantes insuffisances et appelle à l'ouverture d'une enquête internationale indépendante.
Dans un communiqué, la coalition estime notamment que certaines conclusions de la CNDH ne restituent pas fidèlement les témoignages des victimes. Elle critique également les déclarations publiques du président de la CNDH, Paul Nsapu, qu'elle juge de nature à fragiliser la confiance que les victimes et l'opinion publique doivent accorder à l'institution.
« Cette reconnaissance constitue une étape importante. Elle confirme que de graves violations des droits fondamentaux ont effectivement été commises le 12 juin 2026. Elle ne saurait cependant suffire à satisfaire les exigences de vérité, de justice, de réparation et de non-répétition auxquelles les victimes ont droit », souligne la coalition.
La C64 soutient par ailleurs que deux personnes enlevées devant le siège de l'ECiDé demeurent portées disparues et demande aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour les retrouver et identifier les responsables.
Au regard de ces éléments, la plateforme estime qu'une enquête internationale indépendante, impartiale, diligente et crédible est indispensable pour établir les responsabilités et faire toute la lumière sur les violences du 12 juin.
« La Coalition Article 64 appelle, par conséquent, à une enquête internationale indépendante, impartiale, diligente et crédible », indique le communiqué.
Enfin, la coalition réaffirme sa détermination à poursuivre son combat aux côtés des victimes jusqu'à ce que toute la vérité soit établie, que justice leur soit rendue et que les préjudices subis soient intégralement réparés.
Pour rappel, le rapport publié le 20 juillet par la CNDH avait conclu à l'existence de plusieurs violations des droits humains, notamment des arrestations et détentions arbitraires, des atteintes à l'intégrité physique, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que des cas d'extorsion et de spoliation. En revanche, la Commission avait indiqué n'avoir pu confirmer les allégations faisant état de deux décès et de deux disparitions forcées, faute d'éléments de preuve suffisants.
Roberto Tshahe