La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a condamné, ce mercredi 1er juillet 2026 à Kinshasa, les déclarations de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) l’accusant de préparer des violences urbaines et des attaques contre des représentations diplomatiques à l’occasion de la marche pacifique prévue le 8 juillet.
Dans un communiqué signé notamment par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, la plateforme rejette « avec la plus grande fermeté » ces accusations, qu’elle qualifie de « mensongères ».
« Ces accusations mensongères ne trompent personne. Elles s’inscrivent dans une stratégie désormais bien connue consistant à inventer un danger pour justifier une répression planifiée de citoyens qui exercent un droit garanti par la Constitution », affirme la C64.
La coalition dénonce également « une inquiétante escalade » observée depuis plusieurs semaines en République démocratique du Congo. Elle cite notamment « les campagnes de haine des membres de l’Union sacrée et de pasteurs proches du pouvoir, les appels au meurtre des opposants, l’apologie de la violence et de l’élimination physique des opposants, la répression sanglante de la manifestation du 12 juin 2026, la multiplication des intimidations », ainsi que « le retrait arbitraire du passeport de Delly Sesanga, empêché de quitter le territoire pour des soins ».
Selon la C64, « cette succession d’actes révèle une même volonté : empêcher, par tous les moyens, la contestation démocratique du projet de remise en cause de l’ordre constitutionnel ».
La coalition assure que la manifestation du 8 juillet « est une marche pacifique » visant à « défendre la Constitution de la République et protéger les droits des Congolais ».
« Elle dira NON à toute tentative de coup d’État constitutionnel. Elle dira NON à un référendum destiné à contourner les verrous constitutionnels. Elle dira NON à toute tentative d’ouvrir la voie à un troisième mandat anticonstitutionnel », indique le communiqué.
La plateforme précise par ailleurs que cette marche « n’est dirigée contre aucune représentation diplomatique, aucun État étranger ni aucune communauté ».
« À l’inverse, la marche du 8 juillet 2026 est une marche républicaine en faveur de l’État de droit et de la souveraineté du peuple congolais », soutient la C64, qui affirme avoir accompli « toutes les formalités prévues par la loi », conformément à l’article 26 de la Constitution.
La coalition appelle les Congolais à participer à cette manifestation « dans le calme, la discipline et la dignité ».
« Notre force réside dans notre civisme ; notre victoire résidera dans notre attachement à la Constitution. La volonté du peuple est plus forte que la peur », peut-on lire dans le communiqué.
La C64 estime également que « les accusations portées aujourd’hui contre l’opposition constituent une tentative manifeste de préparer l’opinion nationale et internationale à d’éventuelles provocations ».
« Si des actes de violence, d’infiltration ou de vandalisme devaient survenir, leurs auteurs ainsi que leurs commanditaires devraient en répondre devant la Nation et devant l’Histoire », avertit la coalition.
Enfin, la plateforme appelle les partenaires internationaux, les missions diplomatiques, les organisations régionales et internationales ainsi que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à suivre « avec la plus grande vigilance » le déroulement de la marche du 8 juillet 2026.
Pour rappel, l’UDPS accuse la coalition d’opposition C64 de préparer un soulèvement populaire et des violences urbaines à l’occasion de cette manifestation. Le parti présidentiel affirme que l’opposition projette notamment d’attaquer des ambassades et de semer le chaos à Kinshasa.
Raphaël Kwazi