Constitution : la jeunesse de l’UDPS favorable à un changement « total »qq

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La jeunesse de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) se dit favorable à un changement « total » de la Constitution en République démocratique du Congo.

Cette position a été exprimée ce vendredi 10 septembre 2026 à Kinshasa, lors d’une conférence-débat organisée par la Ligue des jeunes de l’UDPS, avec l’appui de la Fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung (FES).

Placée sous le thème : « Jeunesse et réforme constitutionnelle : enjeux, perspectives et responsabilités pour l’avenir de la République démocratique du Congo », cette rencontre a notamment porté sur la lecture que la jeunesse du parti fait de la Constitution actuelle et sur les perspectives d’une réforme profonde.

Maître Muke Mukengeshayi Mutombo, vice-président national de la Ligue des jeunes de l’UDPS chargé des questions juridiques et administratives et président du conseil d’administration de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), a estimé que cette position devait être étayée par des arguments historiques, politiques, juridiques et sociologiques.

« Quand nous parlons de réforme profonde, nous envisageons un changement total de la Constitution. Mais cela ne doit pas être une simple rhétorique : il faut des arguments solides historiques, politiques, juridiques, sociologiques que la jeunesse du parti doit partager et présenter devant le peuple. Il ne s’agit pas de considérer le changement de la Constitution comme une convenance partisane. Non. Il existe des raisons fondamentales, historiques et politiques qui le justifient », a-t-il affirmé.

La jeunesse de l’UDPS entend également préparer ses contributions au dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi.

Muke Mukengeshayi Mutombo a indiqué que les jeunes du parti devraient élaborer un cahier de charges prenant notamment en compte la situation sécuritaire et les défis liés à l’intégrité territoriale.

« Cette conférence-débat a été organisée afin de préparer la jeunesse du parti aux enjeux actuels et futurs de notre pays. [...] La jeunesse du parti doit se préparer à prendre une part active [au dialogue national], avec un cahier de charges solide et pertinent, tenant compte des réalités historiques de notre pays, de la situation sécuritaire actuelle et des défis liés à l’intégrité territoriale », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette participation devrait également permettre aux jeunes de proposer des pistes pour la refondation de l’État, la cohésion nationale et la paix.

« L’objectif est de proposer des contributions importantes lors de ce dialogue, afin que le Congo de demain ne ressemble pas à celui d’hier ou d’aujourd’hui, mais qu’il soit meilleur. C’est dans ce sens que le Président a parlé d’un dialogue pour la refondation de l’État, pour la cohésion nationale et pour la paix », a-t-il poursuivi.

L’éducation, l’enseignement et l’emploi figurent également parmi les préoccupations que les jeunes de l’UDPS souhaitent voir prises en compte dans le cadre de ce dialogue.

« Le président de la République a affirmé que toutes les couches sociales seront concernées par ce dialogue, qui commencera dans les provinces, les villes, les territoires et les villages. La jeunesse, composante essentielle de notre population, doit y porter ses préoccupations : l’éducation, l’enseignement, l’emploi », a-t-il ajouté.

De son côté, Constantin Grund, représentant résident de la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung en RDC, a expliqué que son organisation avait accepté d’accompagner ces échanges à la demande de l’UDPS et de sa Ligue des jeunes.

« Nous sommes une organisation qui offre des cadres d’échange et des plateformes de dialogue autour des discussions politiques d’actualité. Évidemment, le changement éventuel de la Constitution figure parmi ces sujets. Nous avons reçu la demande de l’UDPS et de la Ligue des jeunes pour en débattre : les arguments pour, les arguments contre, ainsi que les perspectives de la jeunesse sur cette question. Nous y avons répondu favorablement », a-t-il expliqué.

Constantin Grund a également estimé que les échanges devaient permettre à la jeunesse de formuler ses positions afin qu’elles puissent être évaluées au sein du parti.

« Il est essentiel que la jeunesse prenne position, formule ses opinions, afin que le parti puisse les évaluer. Je ne suis pas certain qu’il y ait véritablement un dialogue si certains acteurs clés refusent de participer, mais nous verrons où cette discussion mènera », a-t-il déclaré.

Depuis plus de 40 ans, la Fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung œuvre en Afrique à la promotion de la démocratie, de la justice et de la paix, notamment à travers la participation politique, le dialogue socio-économique et l’implication des jeunes.

Raphaël Kwazi