Les déplacés de Pakajuma, relogés sur le site du Centre neuro-psycho-pathologique (CNPP) de Kinkole, dans la commune de la N’Sele à Kinshasa, ont bénéficié, ce jeudi 10 septembre 2026, d’un forage d’eau potable destiné à améliorer leur accès à l’eau et à réduire les difficultés d’approvisionnement auxquelles ils font face depuis plusieurs mois.
L’ouvrage a été réalisé par l’ONG Ligue des filles et femmes instruites pour le développement (LIFID-RDC), avec l’appui financier d’Urgent Action Fund Africa (UAF-Africa), dans le cadre du projet intitulé « Plaidoyer et création d’alliance ».
Lors de la mise en service du forage, la présidente de la LIFID-RDC, Régine Mbombo, a indiqué que cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’un projet mené pendant près de trois mois auprès des déplacés installés sur le site de Kinkole.
« C’est dans le cadre du projet "Plaidoyer et création d’alliance", un projet qui a duré presque trois mois sur ce site de l’Hôpital général de référence de Kinkole. Nous ne nous sommes pas limités à la distribution des vivres et non-vivres. Vu la nécessité de l’approvisionnement en eau potable, nous venons de livrer un forage d’eau auprès de cette population qui vit dans la précarité la plus totale », a-t-elle déclaré.
Selon la LIFID-RDC, cette initiative ne se limite pas à la fourniture d’eau potable, mais comprend également un volet de plaidoyer visant à porter les revendications des déplacés auprès des autorités compétentes.
« Notre souci n’est pas seulement de construire des fontaines d’eau. Le projet avait deux parties et la deuxième concerne les plaidoyers. Nous sommes venus auprès des bénéficiaires qui ont exprimé leurs besoins et signé leurs plaidoyers que nous allons transmettre aux autorités compétentes afin d’obtenir des réponses favorables à leur situation », a expliqué Régine Mbombo.
La responsable de la LIFID-RDC a toutefois souligné que cette infrastructure reste insuffisante au regard des besoins de la population hébergée sur le site.
« L’eau que nous avons apportée est insuffisante pour résoudre cette situation parce qu’il s’agit de plus de 22.000 habitants. Les besoins sont immenses. Il n’y a pas de toilettes, il n’y a pas d’abris suffisants et les enfants en âge de scolarisation ne vont pas à l’école », a-t-elle poursuivi.

Face aux conditions de vie observées sur place, elle a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux autorités publiques.
« Nous lançons un appel aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’au gouvernement pour qu’ils se penchent sur cette situation. C’est une nécessité et un danger public, car on compte déjà des cas de maladies et des décès dont les causes ne sont pas réellement identifiées », a-t-elle alerté.
Cette action intervient un mois après une opération humanitaire menée par la même organisation en faveur des déplacés. La LIFID-RDC avait alors distribué des vivres et des kits de dignité à 300 bénéficiaires sélectionnés sur la base de leur niveau de vulnérabilité.
Parmi eux figuraient 200 femmes, notamment des personnes âgées, des femmes vivant avec handicap et d’autres personnes démunies, ainsi que 100 jeunes filles ayant reçu des kits d’hygiène menstruelle.
Malgré ces interventions, la situation humanitaire demeure préoccupante sur le site de Kinkole. Selon les responsables des déplacés, le nombre de décès enregistrés est passé de 97 au début du mois d’août à 122 au début de septembre 2026.
Six mois après leur installation sur ce site d’accueil, les déplacés de Pakajuma continuent de faire face à de nombreux défis liés à l’accès à l’eau, à l’assainissement, au logement, à la santé et à l’éducation.
Bob Bondo